Les oligo-éléments dans les sols ontariens - mobilité, concentration et preuve de sources de pollution non ponctuelles.
Sheppard, S.C., Grant, C.A., et Drury, C.F. (2009). « Les oligo-éléments dans les sols ontariens - mobilité, concentration et preuve de sources de pollution non ponctuelles. », Canadian Journal of Soil Science, 89(4), p. 489-499. doi : 10.4141/CJSS08033
Résumé
Les sols agricoles reçoivent les oligo-éléments des polluants atmosphériques, en général, et d’intrants agricoles comme les engrais, les aliments du bétail et les biosolides urbains. Ces apports sont habituellement de petite envergure et sont contrebalancés par d’autres mécanismes telles la lixiviation et l’absorption par les cultures, si bien qu’il est difficile d’évaluer comment la concentration des oligo-éléments évolue dans les sols agraires. Les auteurs ont analysé 59 profils pédologiques du sud ontarien, en combinant l’analyse d’une cinquantaine d’éléments à trois profondeurs et de la constante de partage solide/liquide (Kd) dans le sol correspondante. Les données des profils ont été corrigées pour l’yttrium afin de prendre en compte la migration verticale des particules. On estime que la plus forte concentration en surface, comparativement à celle observée sous la surface, indique un enrichissement dus sol, signe possible des activités humaines. Pour la majorité des éléments, la concentration est similaire en surface (0 à 15 cm) et sous la surface (30 à 60 cm). Les seules exceptions notables concernaient le Cd, le Pb, le Sb, le Se, le Nb, l’U et le Zn, dont la concentration en surface était de 1,4 à 2,2 fois plus élevée qu’en profondeur. La plupart de ces hausses sont attribuables à l’activité humaine. L’interprétation des données au moyen de la constante Kd a permis d’identifier le Ba et le Mo en tant que contaminants potentiels. La concentration de ces éléments dans le sol superficiel n’est pas beaucoup plus élevée qu’en profondeur, mais selon valeur Kd, ces éléments sont assez mobiles pour qu’ils ne subsistent pas en surface. Leur présence laisse donc supposer un apport continu. Or, on sait que le Ba et le Mo existent dans la poussière des sources urbaines. Les résultats révèlent que plusieurs éléments souvent préoccupants en raison de leur toxicité pour l’environnement ou de leurs incidences sur la santé existent en concentration élevée dans les sols agricoles; cet emplacement rural laisse croire à une contamination de sources de pollution non ponctuelles.