Discours - La chambre de commerce de Calgary
9 novembre, 2011
Merci, Steve.
C'est toujours un plaisir pour moi de rendre visite aux chambres de commerce.
J'ai moi-même fait partie de la profession et j'ai occupé pendant un certain temps le poste de secrétaire d'État (Petite Entreprise et Tourisme).
J'éprouve énormément de respect pour le travail que vous accomplissez.
Vos membres sont des entrepreneurs.
Vous créez des emplois, vous prenez des risques, vous faites des investissements et vous réinvestissez votre argent durement gagné dans vos entreprises.
Vos efforts rapportent des dividendes à votre collectivité et à notre pays.
Comme je l'ai dit hier devant la Chambre de commerce de Red Deer, ce n'est pas un hasard si l'Alberta est la province canadienne qui a connu la plus forte croissance économique au cours des 20 dernières années. Et ça pourrait très bien être le cas encore une fois cette année.
Cette performance est en grande partie attribuable aux gens ici présents.
Comme nous le savons tous, l'industrie pétrolière reçoit beaucoup d'éloges à juste titre pour sa contribution.
Mais il ne faut pas oublier que le secteur agricole est lui aussi un moteur important de notre économie. Il représente huit pour cent de notre PIB, ce qui lui vaut le troisième rang national à ce titre, et un emploi sur huit. En outre, il permet à de nombreuses industries connexes de prospérer.
La Chambre de commerce de Calgary a mis l'épaule à la roue avec d'autres chambres de commerce canadiennes pour aider les éleveurs de bétail de l'Ouest à surmonter une grave crise financière en 1920. Et elle a fait de même lors de la crise de l'ESB en 2003.
La situation a changé passablement depuis.
Les exploitations agroalimentaires de l'Alberta ont réalisé des recettes totalisant neuf milliards de dollars l'an dernier.
La même industrie a exporté des produits pour une valeur de près de sept milliards de dollars et employé 70 000 Albertains.
Dans l'ensemble du Canada, le secteur agricole a généré une activité économique de plus de 100 milliards de dollars et plus de deux millions d'emplois. Ce sont là des chiffres remarquables.
Entre-temps, la valeur de nos exportations agricoles a grimpé à plus de 35 milliards de dollars, son deuxième plus haut sommet historique, et permis au Canada de se classer parmi les cinq premiers exportateurs agricoles mondiaux.
Ces résultats sont impressionnants, mais nous savons que nous pouvons et devons faire mieux.
L'industrie du blé et de l'orge est également un moteur de l'économie provinciale comme en font foi les recettes de 1,3 milliard de dollars qu'elle a réalisées.
L'Alberta a exporté pour près de 1,5 milliard de dollars de blé et d'orge l'an dernier.
Mais depuis quelques années, le rendement des cultures qui ont déjà permis au Canada de s'imposer diminue à un rythme inquiétant.
Notre gouvernement continuera de travailler avec diligence pour maintenir notre économie sur la bonne voie.
Tandis que nous demeurons prudents, il convient de souligner qu'il y a près de 600 000 Canadiens de plus sur le marché du travail aujourd'hui qu'à la fin de la récession. C'est de loin la plus forte croissance parmi les pays du G7.
Notre gouvernement continue de vous aider à créer le contexte commercial dont vous avez besoin pour stimuler notre économie.
Nous avons aidé à construire des routes et des ponts en Alberta pour acheminer nos produits vers les marchés.
En outre, nous voyons à mettre en œuvre notre plan de réduction des impôts pour créer des emplois et favoriser la croissance.
Dans moins de deux mois, le taux fédéral d'imposition des entreprises sera réduit de 1,5 point de pourcentage et s'établira à 15 p. 100.
Le Canada aura le plus bas taux global d'imposition des nouveaux investissements des entreprises parmi les pays du G7.
Notre engagement vise à faire du Canada une destination de choix pour l'investissement et l'emploi.
Afin d'aider encore plus les travailleurs et les employeurs canadiens, comme vous, notre gouvernement a annoncé hier qu'il fera passer de 10 cents à 5 cents l'augmentation maximale potentielle des cotisations d'assurance-emploi par tranche de 100 $ de rémunération assurable.
Cette mesure permettra aux travailleurs et aux entreprises du Canada d'économiser plus de 600 millions de dollars l'an prochain.
Et parce que vous assurez votre gagne-pain en exécutant des commandes et non en remplissant des formulaires, nous avons réduit de 20 p. 100 les formalités gouvernementales imposées aux entreprises. Bien entendu, nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là.
Nous réduisons le déficit graduellement de sorte que nous aurons un budget fédéral équilibré dans quelques années seulement.
Grâce aux entreprises comme les vôtres, nous avons de solides assises pour bâtir notre avenir.
Je sais cependant que nous ne sommes pas arrivés là en faisant preuve de complaisance et en misant sur les solutions du passé.
Je sais aussi que les Albertains ne nous ont pas envoyés à Ottawa pour maintenir le statu quo.
Depuis que nous avons formé le gouvernement, nous déployons beaucoup d'efforts pour aider les agriculteurs à tirer leur revenu du marché.
Nous travaillons en collaboration étroite avec le secteur et nos partenaires provinciaux pour maintenir et élargir l'accès aux marchés et créer de nouveaux débouchés à l'échelle internationale.
Par exemple, nous avons triplé nos ventes de bœuf à la Russie et conclu un accord provisoire avec la Chine pour des ventes de canola totalisant près de deux milliards de dollars.
Nous avons conclu un accord de principe avec l'Inde, un autre marché immense pour les producteurs albertains, qui assurera des ventes annuelles moyennes de plus de 400 millions de dollars à notre industrie des légumineuses.
Nous cherchons aussi à conclure un accord commercial global avec l'Inde pour augmenter encore plus nos exportations vers ce pays, ainsi que des ALE avec d'autres partenaires commerciaux clés comme la Corée, le Maroc et bien sûr l'Union européenne.
Toute cette activité commerciale profite non seulement aux agriculteurs mais également à d'autres segments de l'économie.
Elle permet d'acheter des maisons de nos courtiers en immeubles et de l'équipement agricole de nos fournisseurs.
Elle profite à nos restaurants et à nos magasins.
Elle renforce nos collectivités et stimule notre économie.
Je suis déterminé à poursuivre ces efforts en collaboration avec votre nouveau ministre de l'Agriculture Evan Berger.
Les agriculteurs ont besoin de règles du jeu équitables pour rivaliser avec la concurrence et développer leurs entreprises au Canada et à l'étranger.
Les agriculteurs sont des gens d'affaires tout comme vous.
Tout comme vous, ils investissent leur propre argent pour bâtir leurs entreprises et augmenter leurs profits.
Mais les similitudes s'arrêtent là.
Contrairement à vous, les agriculteurs de l'Ouest se font refuser le droit de gérer leur entreprise à l'étape la plus importante, celle du point de vente.
Ils sont depuis trop longtemps assujettis à un monopole dépassé, et ce même s'il leur serait plus avantageux d'adopter une autre stratégie.
C'est la raison pour laquelle nous avons déposé un projet de loi qui permettra aux agriculteurs de l'Ouest de décider comment commercialiser leur blé, leur blé dur et leur orge. Ces agriculteurs auront ainsi la même liberté que celle dont jouissent depuis longtemps leurs homologues de l'Ontario.
Le projet de loi est sur le point de passer à l'étape de la troisième lecture.
Contrairement à ceux qui ne veulent accorder le libre choix du mode de commercialisation qu'à un nombre restreint d'agriculteurs, notre projet de loi permettra à chaque agriculteur de l'Ouest canadien de décider comment commercialiser ses céréales.
Nous ne laisserons pas les résultats d'un sondage dispendieux compromettre les droits individuels des agriculteurs.
Nous voulons plutôt que chaque agriculteur puisse commercialiser son produit comme bon lui semble, que ce soit sur le marché libre ou par l'entremise d'une Commission canadienne du blé restructurée.
Dès que la loi recevra la sanction royale, les agriculteurs, les sociétés céréalières et la nouvelle CCB pourront conclure des contrats à terme pour l'achat ou la vente de blé et d'orge.
À compter du 1er août 2012, les agriculteurs de l'Ouest pourront vendre et livrer leurs céréales directement à un silo ou à un transformateur, qu'il s'agisse d'un fabricant de pâtes alimentaires, d'une minoterie, d'une brasserie ou de tout autre établissement de transformation.
Comme dans le cas de toute réforme, il y en a toujours qui ont du mal à comprendre en quoi un changement serait préférable.
En fait, les agriculteurs d'aujourd'hui prouvent sans cesse qu'ils peuvent stimuler notre économie et qu'ils le feront s'ils ont le contrôle de leur entreprise et de leur bénéfice net.
Après tout, les agriculteurs décident déjà quoi cultiver et quand récolter.
Ils décident aussi comment commercialiser leur canola et leurs légumineuses, leurs pois, leurs lentilles, leurs haricots, leur avoine et bon nombre d'autres cultures.
Ils exigent simplement la même liberté d'action pour la commercialisation de leur blé et de leur orge.
Notre gouvernement s'engage donc à leur offrir le libre choix!
Certains faits récents révèlent les avantages d'un marché libre.
Comme vous le savez, l'avoine a été soustraite au monopole de la CCB en 1989.
En l'espace de quelques semaines, on a annoncé la construction d'usines de transformation de l'avoine dans l'Ouest canadien.
Aujourd'hui, l'entreprise Westglen Milling à Barrhead (Alberta) continue de transformer de l'avoine et crée ainsi des emplois pour une collectivité rurale et un marché pour les agriculteurs.
Et nous voyons tous arriver de nouveaux investissements en prévision de l'entrée en vigueur du libre choix du mode de commercialisation du blé et de l'orge.
La semaine dernière, j'étais présent à l'usine Rahr Malting d'Alix (Alberta) pour célébrer l'augmentation de sa capacité de transformation de l'orge brassicole en prévision de l'instauration du régime de libre marché.
Cet investissement de six millions de dollars aidera les agriculteurs à mieux gérer les risques liés à l'entreposage, tout en assurant la qualité optimale de leur orge brassicole à longueur d'année.
Cela veut dire qu'une plus grande quantité d'orge brassicole sera expédiée directement de la moissonneuse-batteuse à l'entrepôt et que les agriculteurs réaliseront un profit plus rapidement.
L'accroissement de la capacité d'entreposage signifie plus de débouchés commerciaux pour nos agriculteurs, plus d'emplois pour l'Alberta et une plus forte croissance de l'économie canadienne.
Certains préfèrent tenir des propos alarmistes après avoir entendu de bonnes nouvelles comme celles-ci, mais les entrepreneurs comme vous savent qu'une augmentation du nombre d'acheteurs signifie une meilleure concurrence pour leur produit.
Je peux vous dire que les agriculteurs ont hâte de traiter directement avec l'industrie brassicole sans avoir à racheter leur propre récolte d'abord.
Les producteurs d'orge me disent que le libre choix du mode de commercialisation améliorera la transparence du marché en plus de leur permettre de contrôler les prix et de permettre aux transformateurs de contrôler l'offre.
Tout cela augure bien pour l'économie de l'Ouest.
Notre gouvernement travaille de façon diligente avec vous et le reste de la chaîne de valeur pour que la transition vers un marché libre se fasse le plus harmonieusement possible.
Au cours de nos vastes consultations, l'industrie a formulé un certain nombre de recommandations.
En ce qui concerne l'accès aux terminaux portuaires, le Groupe de travail sur le libre choix du mode de commercialisation s'attend à ce que les sociétés céréalières livrent une concurrence énergique pour le volume de céréales écoulé sur un marché libre. Nous sommes du même avis.
Les sociétés céréalières ont besoin d'un certain volume et elles ont déclaré publiquement qu'elles offriront l'accès aux terminaux pour assurer leur approvisionnement.
Comme je l'ai affirmé à maintes reprises, le droit à bénéficier de wagons de producteurs est et continuera d'être garanti par la Loi sur les grains du Canada.
C'est la Commission canadienne des grains qui attribue ces wagons aux producteurs.
Et cela ne changera pas sous le régime du libre choix du mode de commercialisation.
Dans un système de marché libre, les producteurs et les chemins de fer secondaires pourront conclure des arrangements avec les sociétés céréalières ou la CCB à participation volontaire pour la commercialisation des céréales.
Les chemins de fer secondaires s'attendent à certains ajustements étant donné qu'ils auront un plus grand choix de partenaires de commercialisation pour le volume de céréales qu'ils peuvent obtenir des producteurs.
Il ne fait aucun doute que les producteurs intéressés continueront d'avoir accès aux wagons de producteurs et aux chemins de fer secondaires.
Il y a un message qui a ressorti clairement tout au long de ce débat : La performance de notre secteur des productions végétales, qu'il s'agisse du blé et de l'orge ou encore des autres cultures des Prairies, dépend de l'efficience et de l'efficacité de la chaîne logistique, de l'exploitation agricole à l'acheteur.
Nous devons faire en sorte que tous les intervenants aient accès au service ferroviaire dont ils ont besoin, de façon à continuer d'offrir une option concurrentielle aux agriculteurs.
Je parie que certains d'entre vous sont familiers avec le nom Jim Dinning.
Jim a été nommé facilitateur pour notre examen des services de transport ferroviaire. Il est appelé à travailler avec les expéditeurs, les compagnies de chemin de fer et d'autres intervenants clés pour concevoir un modèle de convention de services et un mécanisme simplifié de règlement des différends commerciaux pour la chaîne de manutention.
Ceux qui connaissent Jim savent qu'il mettra sa vaste expérience et son expertise à contribution dans l'établissement d'un consensus entre les dirigeants de l'industrie et les gouvernements.
Une fois le processus de facilitation terminé, notre gouvernement déposera un projet de loi pour permettre à tous les expéditeurs de conclure des conventions de services avec les compagnies de chemin de fer, de façon à offrir des services plus prévisibles et plus efficaces.
Au début de la semaine, dans la foulée de l'examen des services de transport ferroviaire, j'ai annoncé la création d'un groupe de travail sur la logistique entourant les cultures.
Ce groupe de travail cernera les questions à étudier dans le cadre du processus de facilitation de Transports Canada qui fait suite à l'Examen des services de transport ferroviaire des marchandises.
Le groupe de travail est une tribune qui apportera le point de vue de l'agriculture au processus de facilitation du transport ferroviaire, mais il pourra aussi se pencher sur toute question de transport et d'approvisionnement pouvant découler de la transition vers le libre choix du mode de commercialisation.
J'ai le plaisir d'annoncer aujourd'hui que le groupe de travail comprendra des experts représentant l'ensemble de cette chaîne de valeur.
Le sous-ministre John Knubley et Gordon Bacon, PDG de Pulse Canada, coprésideront le groupe de travail.
Gordon est un ardent défenseur de l'industrie des légumineuses et il est déterminé à trouver des façons d'améliorer l'efficacité du réseau ferroviaire et de la logistique et de leur ajouter de la valeur.
Son approche avant-gardiste et positive sera un atout précieux pour le groupe de travail, le gouvernement et les agriculteurs.
Le groupe de travail comprendra des représentants des producteurs de blé, d'orge, de canola et d'autres cultures spéciales.
Des représentants des exploitants de silos, de terminaux, de chemins de fer secondaires et de wagons de producteurs ont également été invités à participer.
Nous espérons que le nouveau groupe de travail pourra se réunir et se mettre à la tâche au cours des prochaines semaines.
En fin de compte, nous voulons faire en sorte que le secteur agricole soit bien positionné pour tirer parti de l'efficacité et des débouchés de l'ensemble de la chaîne de valeur.
Tout comme vous, notre gouvernement envisage l'avenir avec optimisme en raison du potentiel illimité de l'agriculture canadienne.
Les agriculteurs de l'Alberta produisent des aliments de classe mondiale pour lesquels il y a une foule de débouchés sur les marchés internationaux.
Nous voulons que les producteurs de blé et d'orge de l'Alberta soient de nouveau en mesure de tirer parti de ces débouchés.
Je suis fier de constater que nous remplissons notre promesse de longue date en offrant le libre choix du mode de commercialisation.
Là où certains ne voient que des obstacles, les gens d'affaires avisés comme vous voient des possibilités réelles.
Nous savons que le libre choix du mode de commercialisation n'est pas annonciateur d'une catastrophe.
Bien au contraire.
Il offrira des possibilités illimitées.
Je vous remercie de votre attention.