Vue d'ensemble du système agricole et agroalimentaire canadien 2011

Sommaire

Le présent rapport de 2011 donne un aperçu de la situation économique du système agricole et agroalimentaire canadien.

Ce document de référence polyvalent :

  • constitue une introduction au système agricole et agroalimentaire;
  • présente un aperçu des transformations structurelles qui s'opèrent dans l'ensemble du système en réaction à divers facteurs;
  • contient des données et des renseignements généraux destinés à éclairer les débats publics sur les défis et les possibilités qui se présentent dans le système agricole et agroalimentaire canadien.
  • Des graphiques et des tableaux accompagnés d'explications succinctes résument l'information et décrivent les indicateurs de base du rendement.

Cette vue d'ensemble du système en 2011 débute par une section spéciale qui décrit la réalité des jeunes agriculteurs au Canada, fournit des données sur leur nombre par province, par taille et par type de ferme exploitée et, enfin, fait une comparaison entre les agriculteurs dans d'autres groupes d'âge. Les entreprises de jeunes agriculteurs (EJA), représentant 8 % des fermes, ont mieux performé que les autres types de fermes. Cet aspect est important, car la capacité future du Canada à produire des aliments pour nourrir la population mondiale de même que sa contribution à la vitalité du système agricole et agroalimentaire dépendront du nombre et de la compétence des jeunes agriculteurs d'aujourd'hui.

Le document passe ensuite en revue chaque composante du système en descendant le long de la chaîne alimentaire, du consommateurs aux distributeurs d'aliments, en passant par des transformateurs d'aliments et de boissons, jusqu'aux agriculteurs primaires et aux fournisseurs d'intrants. Il contient aussi une section sur les ressources naturelles disponibles au Canada et sur les effets environnementaux de l'agriculture. Il conclut par un examen des dépenses du gouvernement à l'appui de l'agriculture, et les compare avec les mesures de soutien d'autres pays.

Dans l'économie canadienne, le système agricole et agroalimentaire est considéré une composante très complexe, moderne, intégrée, concurrentielle sur le plan international et revêt de plus en plus d'importance. Ce système est résilient et doit relever d'importants défis et exploiter les opportunités en se restructurant et en s'adaptant à l'évolution des exigences des consommateurs, aux progrès technologiques, à l'intégration à l'échelle nord-américaine et, enfin, à la mondialisation.

Faits saillants

Entreprises de jeunes agriculteurs (EJA)

  • Cette année, la section spéciale met l'accent sur les entreprises de jeunes agriculteurs. Celles-ci représentent 8 % des fermes totales et performent mieux que les autres fermes au Canada. Une grande partie de ces entreprises sont considérées comme étant des exploitations de taille moyenne à très grande. Les EJA sont distribuées de manière équilibrée entre les différents types de fermes, bien que les fermes porcines, les fermes laitières, les fermes de volailles et d'oeufs soient un peu plus nombreuses, ce qui dissipe en partie le mythe selon lequel les obstacles à l'entrée des industries de la volaille, des oeufs et des produits laitiers empêchent les jeunes agriculteurs de se lancer dans ces types d'exploitations.
  • Sur le plan du rendement financier, la plupart des EJA, peu importe le type de ferme ou la taille de l'exploitation, ont tiré de leur actif agricole un revenu brut supérieur à celui des autres entreprises agricoles et ont dégagé des marges bénéficiaires relativement plus importantes. Malgré le fait que les EJA ont en outre enregistré un revenu agricole plus élevé, ils ont cependant un revenu familial total moins important. Les EJA ont touché moins de revenus de placement et de pension que les autres entreprises agricoles.

Importance du système pour l'économie canadienne

  • Le système agricole et agroalimentaire englobe diverses branches d'activités, notamment la fourniture d'intrants et de services agricoles, l'agriculture primaire, la transformation des aliments et des boissons, la distribution d'aliments, la vente au détail et en gros ainsi que les services alimentaires.
  • Il continue à jouer un rôle important dans l'économie du Canada et des provinces, contribuant dans une large mesure au produit intérieur brut (PIB) et à l'emploi. En 2009, il a cré directement un emploi sur huit, employant deux millions de personnes et représentant 8,2 % du PIB total.
  • Bien que l'agriculture primaire contribue peu à l'économie globale (1,7 % du PIB), elle est au coeur même du système agricole et agroalimentaire. Tout changement sur les marchés des produits de base peut se répercuter sur le rendement de l'agriculture primaire et sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.

Contexte global

  • Les rebondissements des deux dernières années dépendent énormément sur le rendement du système agricole et agroalimentaire; en effet, en 2008 les prix du pétrole brut et des produits de base ont atteint des niveaux sans précédent et ont fléchi ensuite en 2009 à la suite de la grave crise financière mondiale, d'une récession et d'une production de récoltes sans précédent.
  • L'instabilité accrue des marchés des produits de base et des taux de change a accentué l'incertitude inhérente à la commercialisation des produits agricoles et agroalimentaires au Canada et à l'échelle mondiale.
  • Le secteur agricole et agroalimentaire compte de plus en plus sur les exportations; la part canadienne du commerce mondial des produits du secteur a augmenté depuis les 15 dernières années dans la foulée de la libéralisation du commerce et de l'essor économique mondial. La structure des échanges a aussi changé en raison de l'accroissement des exportations de biens à valeur ajoutée destinées à répondre aux besoins nouveaux.
  • De plus, la nouvelle concurrence que posent les économies en plein essor, comme la Chine et le Brésil, a augmenté les défis et les opportunités que présentent les marchés mondiaux.
  • Les débouchés extérieurs sont un facteur déterminant de la croissance de la plupart des industries agricoles et agroalimentaires canadiennes. En 2009, le Canada figurait au quatrième rang mondial des pays exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires et au sixième rang des pays importateurs. Ses exportations et importations étaient évaluées à 35,2 milliards de dollars et à 27,9 milliards de dollars, respectivement.
  • La compétitivité du secteur dépend de sa capacité à demeurer rentable et viable à long terme par rapport à ses concurrents. La croissance des ventes à long terme sur les marchés intérieur et extérieur révèle que le Canada est demeuré relativement concurrentiel sur les marchés agricoles et agroalimentaires en 2009.

Éléments constituants du système agricole et agroalimentaire

  • L'évolution des exigences des consommateurs et de la société entraîne des changements dans l'ensemble du système agricole et agroalimentaire. Les consommateurs réclament des aliments variés, pratiques, respectueux de l'environnement et sains, des aliments qui correspondent à leurs valeurs, comme les produits biologiques et halal, ainsi que des garanties de qualité et de salubrité.
  • Au Canada, le coût de l'alimentation figure parmi les plus bas dans le monde, et, ces dernières années, les ménages canadiens ont consacré presque 10 % de leur budget aux achats d'aliments dans les magasins.
  • L'industrie de la transformation des aliments et des boissons se serre de produits primaires. Elle vient au second rang des industries manufacturières au Canada. Elle est importante pour le secteur agricole, étant donné que 42 % de la production agricole lui servent de matières premières.
  • En 2009, l'industrie de la transformation des aliments et des boissons a affiché une croissance et a aussi contribué à la hausse du PIB, mais l'augmentation des coûts des intrants, due à la montée des prix et à l'instabilité des taux de change, réduit les marges et a obligé le secteur à modifier ses stratégies commerciales.
  • Pour affronter les nouveaux défis et s'adapter aux conditions changeantes du marché, l'agriculture primaire a entrepris de profondes transformations et poursuit sa restructuration, la tendance étant à des fermes moins nombreuses, mais plus grandes. De plus en plus de fermes diversifient leur production, se spécialisent dans certains produits-créneaux comme les produits biologiques, adoptent des méthodes respectueuses de l'environnement ou produisent des biens non traditionnels comme le biogaz et les bioproduits.
  • Au Canada, les exploitations agricoles varient selon la taille, l'échelle de production et le type de production. Les exploitants agricoles se distinguent les uns des autres par leurs compétences en gestion et leurs stratégies d'entreprise. Cette diversité peut expliquer les différences de rendement entre les exploitations. Ainsi, certaines familles d'agriculteurs comptent davantage sur un revenu non agricole pour gérer l'incertitude que suscitent les aléas de la production et de la commercialisation, tandis que d'autres diversifient leur production.
  • La production brute pour le secteur agricole a augmenté davantage au Canada qu'aux États-Unis pour la période 1961-2005.
  • Les fournisseurs d'intrants et de services assurent d'importantes fonctions dans le système agricole et agroalimentaire. En 2009, les producteurs ont engagé des dépenses d'exploitation de plus de 35,3 milliards de dollars, dont la plus grande partie a été consacrée à l'achat d'aliments commerciaux pour animaux. Les diminutions récentes des coûts du carburant, des engrais et des pesticides ont éliminé quelque peu la pression exercée sur les agriculteurs.

Dépenses publiques en faveur du secteur

  • L'aide gouvernementale cumulée (fédérale et provinciale) accordée au secteur agricole et agroalimentaire a légèrement augmenté par rapport à 2008-2009 pour atteindre une valeur estimée de 8,4 milliards de dollars en 2009-2010, soit 34 % du PIB total du secteur.
  • En 2009-2010, les paiements de programme ont continué à représenter la part la plus importante de l'aide fédérale et provinciale allouée au secteur; suivi des dépenses consacrées à la recherche et à l'inspection.
  • L'aide gouvernementale varie selon la province. Ce sont toutefois les agriculteurs de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba qui ont bénéficié le plus de l'aide en proportion du PIB agricole et agroalimentaire provincial.
  • Les dépenses publiques en R-D dans le secteur agricole et agroalimentaire sont importantes pour l'innovation et la compétitivité du secteur et augmentent depuis quelques années.
  • Les politiques agricoles du Canada et d'autres pays ont évolué au fil des ans. Certains pays ont procédé à des réformes majeures de leur politique agricole, ce qui a donné lieu à une réduction du niveau d'aide et à des changements dans les genres d'aide offerte.
  • Mesurée selon l'estimation du soutien aux producteurs (ESP), l'aide accordée par le Canada pour tous les produits s'élevait à 20 % en 2009, comparativement à 10 % et à 24 % aux États-Unis et en Union européenne, respectivement. En 2009, l'ESP a diminué dans les principaux pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui s'explique principalement par la hausse des recettes agricoles brutes et la réduction du soutien des prix du marché qui a découlé de la montée des prix mondiaux.

Publication : 11279F - ISSN : 1708-4164 - ISBN : 978-1-100-95941-2 -
Catalogue : A38-1/1-20010-PDF - Projet : 09-10-040-r

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