L'agriculture écologiquement durable au Canada : Série sur les indicateurs agroenvironnementaux - Rapport n° 3
Sommaire
Au cours des dernières décennies, l'agriculture a fait l'objet de changements importants en raison de l'évolution des exigences du marché et des nouvelles technologies de production. Le nombre de fermes au Canada a baissé, mais leur taille moyenne - plus particulièrement la superficie cultivée en proportion des terres agricoles et le nombre de têtes de bétail - a augmenté. Ce virage vers une production plus intensive a sensibilisé davantage les agriculteurs, les gouvernements et le public au lien fondamental qui existe entre l'agriculture et l'environnement. Les Canadiens exigent de plus en plus que les agriculteurs et les transformateurs trouvent le juste équilibre entre les objectifs de production et les méthodes de production respectueuses de l'environnement.
Les décideurs agricoles de tous les niveaux ont besoin d'informations de bonne qualité pour faire face à ces enjeux économiques et environnementaux complexes. C'est pourquoi Agriculture et Agroalimentaire Canada a élaboré un ensemble d'indicateurs agroenvironnementaux scientifiques qui intègrent les informations pédologiques, climatiques et topographiques aux statistiques sur l'utilisation des terres et les pratiques de gestion des cultures et du bétail. Les indicateurs fournissent des renseignements utiles sur les conditions du milieu et les risques environnementaux en agriculture et la façon dont ils évoluent au fil du temps. En outre, les indicateurs sont conçus de façon à être sensibles aux écarts marqués des conditions et de l'éventail de produits d'une région à l'autre du Canada, écarts qui se reflètent dans les variations appréciables de la performance environnementale entre les régions. Grâce à l'approche systématique et aux ensembles de données communes utilisées, il est possible de mettre ces renseignements à l'échelle nationale pour cerner les tendances qui peuvent s'appliquer uniformément à toutes les régions du pays.
Les indicateurs mesurent la performance environnementale du secteur agricole et agroalimentaire pour la qualité du sol, de l'eau et de l'air, la gestion des terres agricoles et l'utilisation efficace des ressources dans l'industrie des aliments et des boissons. Les résultats de multiples indicateurs agroenvironnementaux associés à la qualité du sol, de l'eau et de l'air ont été intégrés aux indices de performance agroenvironnementale afin de simplifier la présentation de la performance environnementale globale. Les indices sont présentés ici afin de tirer des observations générales à l'échelle nationale sur la durabilité écologique du secteur agricole et agroalimentaire et les tendances connexes. Les variations régionales sont décrites de façon plus explicite dans le rapport.
Cette publication peut servir à dresser une fiche de rendement agroenvironnemental à l'intention des producteurs, des consommateurs et de la communauté internationale et à mettre en évidence les domaines où des efforts additionnels s'imposent. Elle peut aussi fournir des renseignements utiles aux décideurs pour l'élaboration et l'évaluation de la politique agricole.
Dans l'ensemble, les résultats montrent que les producteurs sont sensibles aux préoccupations environnementales et que des progrès ont été réalisés dans le sens de la durabilité de l'environnement. Toutefois, l'expansion et l'intensification des cultures et de l'élevage sous l'effet d'une augmentation de la demande d'aliments et de fibres ou d'un changement de conjoncture pourraient accroître les pressions que la production et les pratiques agricoles exercent sur l'environnement à moins que nous prenions les mesures appropriées pour les atténuer.
Qualité du sol
En tenant compte des divers aspects de la qualité du sol (figure E-1), on constate que la performance agroenvironnementale se situe de bonne à désirée et s'est généralement améliorée au cours de la période de 25 ans précédant 2006.
Figure E-1 Indice de performance agroenvironnementale - qualité du sol Note de bas de page [note 1]

Description - Figure E-1
Graphique linéaire montrant l'indice de performance agroenvironnementale pour la qualité du sol de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : 66; 1986 : 67; 1991 : 69; 1996 : 72; 2001 : 74; 2006 : 77
L'amélioration globale se reflète dans l'indice de performance pour l'érosion du sol, qui se classe maintenant dans la catégorie désirée (figure E-2), celui pour le changement du carbone organique dans le sol, qui est passé de moyen à bon, et celui pour la salinisation du sol, dont le score dans la fourchette de performance désirée s'est amélioré. L'indice de performance pour le risque de contamination par les éléments traces a été calculé seulement pour les années 1981 et 2006 et est demeuré stable dans la fourchette moyenne. Les gains de performance agroenvironnementale liés à la qualité du sol étaient principalement attribuables à l'amélioration des pratiques de gestion des terres, comme l'adoption accrue des pratiques de conservation et sans travail du sol, l'utilisation réduite des jachères, particulièrement avec travail du sol, ainsi que l'expansion des cultures fourragères et des cultures sous couverture végétale permanente.
Figure E-2 Indices des composantes de performance de la qualité du sol

Description - Figure E-2
Graphique linéaire montrant l'indice intégré de performance agroenvironnementale (risque d'érosion), de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 76 (bon); Changement du carbone organique dans le sol : 49 (moyen); Indice de performance risque de salinisation du sol : 86 (souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : 55 (moyen)
1986 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 78 (bon); Changement du carbone organique dans le sol : 54 (moyen); Indice de performance risque de salinisation du sol : 86 (souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : Non disponible
1991 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 80 (souhaitable); Changement du carbone organique dans le sol : 56 (moyen); Indice de performance risque de salinisation du sol : 87 (souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : Non disponible
1996 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 84 (bon-souhaitable); Changement du carbone organique dans le sol : 63 (bon); Indice de performance risque de salinisation du sol : 88 (bon-souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : Non disponible
2001 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 87 (souhaitable); Changement du carbone organique dans le sol : 69 (bon); Indice de performance risque de salinisation du sol : 89 (souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : Non disponible
2006 : Indice de performance risque d'érosion intégré : 91 (souhaitable); Changement du carbone organique dans le sol : 73 (bon); Indice de performance risque de salinisation du sol : 91 (souhaitable); Indice de performance contamination du sol par les éléments traces : 55 (moyen)
Le fer de lance de l'amélioration de la performance était les provinces de l'Ouest, où l'agriculture est extensive et dominée par les céréales et les oléagineux. Cette région agricole se prête particulièrement bien aux pratiques de travail réduit et sans travail du sol. L'augmentation du nombre de jours de sol couvert découlant de ces pratiques aide aussi à améliorer l'humidité des sols, ce qui permet de réduire la superficie en jachère.
En général, les précipitations plus abondantes en Ontario, au Québec et dans les provinces de l'Atlantique favorisent une agriculture plus intensive et une différente combinaison de cultures. Comme dans le reste du pays, la performance agroenvironnementale liée à la qualité du sol s'est améliorée sur 25 ans dans l'Est du Canada, mais les pluies plus abondantes et la popularité accrue (quoique à la baisse) des régimes de travail classique du sol ont nui au rendement. Les pratiques de conservation du sol telles que le travail réduit du sol, la gestion des résidus et les cultures couvre-sol d'hiver aident à maintenir la couverture du sol. Ces pratiques doivent être maintenues, voire élargies dans toutes les régions agricoles du pays, particulièrement là où le type de culture et les pratiques de travail du sol laissent le sol exposé et vulnérable à l'érosion.
Qualité de l'eau
En tenant compte des divers aspects des risques pour la qualité de l'eau (figure E-3), on constate que la performance agroenvironnementale se situe actuellement dans la fourchette des bons rendements. Elle accuse néanmoins une baisse globale par rapport au niveau désiré en 1981. Cette baisse se reflète dans les indicateurs particuliers, qui sont généralement passés de la tranche des résultats désirés en 1981 à celle des bons résultats en 2006 (figure E-4). Une plus grande application d'éléments nutritifs (azote et phosphore) sous forme d'engrais et de fumier a été le principal facteur à l'origine de la baisse de l'indice de performance pour la qualité de l'eau partout au Canada.
Figure E-3 Indice de performance agroenvironnementale pour le Canada - qualité de l'eau Note de bas de page [note 2]

Description - Figure E-3
Graphique linéaire montrant l'indice de performance agroenvironnementale qualité de l’eau, de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : 94 (souhaitable); 1986 : 84 (souhaitable); 1991 : 84 (souhaitable); 1996 : 78 (bon); 2001 : 85 (souhaitable); 2006 : 78 (bon)
Figure E-4 Indices des composantes du risque de contamination de l'eau

Description - Figure E-4
Graphique linéaire montrant les indices des composantes du risque de contamination de l'eau de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 93 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 97 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 94 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 92 (souhaitable)
1986 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 93 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 90 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 82 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 74 (bon)
1991 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 92 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 85 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 83 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 76 (bon)
1996 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 91 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 78 (bon); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 66 (bon); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 79 (bon)
2001 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 90 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 93 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 89 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 69 (bon)
2006 : Risque de contamination de l'eau par l'azote : 89 (souhaitable); Risque de contamination de l'eau par le phosphore : 75 (bon); Risque de contamination de l'eau par les coliformes : 75 (bon); Risque de contamination de l'eau par les pesticides : 74 (bon)
Une baisse globale de la performance agroenvironnementale a été observée dans toutes les régions du pays, mais on a constaté un écart important entre les Prairies et le reste du Canada pour ce qui est du risque de contamination de l'eau par l'azote (N). L'Est du Canada et la Colombie-Britannique ayant des niveaux d'azote résiduel beaucoup plus élevés (provenant des cultures de légumineuses et de l'application excessive d'engrais et de fumier) et des climats plus humides, leurs taux de ruissellement et d'infiltration sont plus élevés que dans la région des Prairies. Étant donné le climat plus sec et les taux généralement plus faibles d'application d'azote, d'infiltration et de lessivage, le risque global de contamination par l'azote dans les Prairies se situe au niveau désiré plutôt que médiocre comme dans le reste du Canada.
Dans le cas du phosphore, les écarts entre l'Est et l'Ouest ne sont pas aussi importants. La performance dans les Prairies est passée de la tranche des résultats désirés en 1981 à celle des bons rendements en 2006 étant donné que le ratio des terres cultivées sur les terres agricoles, la culture continue, la diversification de la production et les hausses appréciables de la production de bovins et de porcs ont entraîné une augmentation de la quantité de phosphore provenant des engrais et du fumier. Dans l'Est du Canada, la performance a empiré de 1981 à 1996 avant de remonter au niveau désiré en 2001 et 2006. L'amélioration de la performance agroenvironnementale est liée à l'adoption de plans de gestion des éléments nutritifs, de règlements, de pratiques de conservation et de pratiques de gestion bénéfiques qui ont aidé à réduire l'excédent de phosphore, particulièrement en Ontario et au Québec.
Le déplacement d'animaux d'élevage de l'Est du Canada vers les Prairies a fait augmenter le risque de contamination de l'eau par les coliformes dans les Prairies, tandis que leur recul général dans le reste du Canada, particulièrement dans l'Est, s'est traduit par une performance agroenvironnementale relativement stable en ce qui a trait à la contamination par les coliformes.
Il faut multiplier les efforts partout au Canada pour réduire le risque de contamination des eaux de surface par les éléments nutritifs, les pesticides et les coliformes de même que le risque de lessivage au-delà de la profondeur d'enracinement de la végétation, particulièrement dans les régions où le taux de pluviosité est plus élevé. Ces risques peuvent aussi être atténués par l'adoption de pratiques telles que les analyses de sol à intervalles réguliers et l'agriculture de précision (meilleure adaptation de l'application de facteurs de production agricole aux conditions naturelles locales), qui permettent d'utiliser les éléments nutritifs de façon plus efficace. Les pratiques qui ralentissent l'écoulement de surface, comme l'aménagement de zones tampons riveraines, les cultures couvre-sol d'hiver et le maintien des résidus de surface, aideront aussi à réduire le risque de contamination de l'eau.
Qualité de l'air
En tenant compte des émissions atmosphériques globales de l'agriculture (figure E-5), on constate que la performance agroenvironnementale liée à la qualité de l'air est bonne, s'étant graduellement améliorée au cours graduellement améliorée au cours de la période de 25 ans précédant 2006. L'amélioration graduelle se reflète dans l'indice de performance pour les émissions de émissions de gaz à effet de serre (GES), qui a connu des fluctuations mais qui s'est généralement amélioré à l'intérieur de la catégorie des bons rendements durant cette période, et dans l'indice de performance pour les émissions de particules, qui a fait des progrès entre 1981 et 2006. L'indicateur des émissions d'ammoniac, qui n'a pu être calculé que pour les deux dernières années de référence, montrait une légère baisse de la performance entre 2001 et 2006 (figure E-6).
Figure E-5 Indice de performance agroenvironnementale - qualité de l'air Note de bas de page [note 3]

Description - Figure E-5
Diagramme linéaire montrant l'indice de performance agroenvironnementale - qualité de l'air, de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : 55 (moyen); 1986 : 60 (moyen); 1991 : 61 (bon); 1996 : 60 (moyen); 2001 : 61 (bon); 2006 : 63 (bon)
Figure E-6 Indices des composantes de la qualité de l'air

Description - Figure E-6
Diagramme linéaire montrant les indices des composantes de la qualité de l'air, de 1981 à 2006.
Un indice se situant entre 0 et 20 est indésirable, entre 21 et 40 est médiocre, entre 41 et 60 est moyen, entre 61 et 80 est bon, et entre 81 et 100 est souhaitable.
1981 : Bilan des gaz à effet de serre : 72; Émissions de particules d'origine agricole : 38
1986 : Bilan des gaz à effet de serre : 79; Émissions de particules d'origine agricole : 41
1991 : Bilan des gaz à effet de serre : 79; Émissions de particules d'origine agricole : 43
1996 : Bilan des gaz à effet de serre : 75; Émissions de particules d'origine agricole : 45
2001 : Bilan des gaz à effet de serre : 75; Émissions de particules d'origine agricole : 55; Émissions d'ammoniac d'origine agricole : 55
2006 : Bilan des gaz à effet de serre : 79; Émissions de particules d'origine agricole : 59; Émissions d'ammoniac d'origine agricole : 52
Les gains de performance agroenvironnementale liés à la qualité de l'air étaient principalement attribuables à l'amélioration des pratiques de gestion des terres telles que l'adoption accrue des pratiques de conservation et sans travail du sol, l'utilisation réduite des jachères (particulièrement avec travail du sol) ainsi que l'expansion des cultures fourragères et des cultures sous couverture végétale permanente. L'adoption de ces pratiques de gestion, particulièrement dans les Prairies, a fait des sols un puits net de carbone dans l'atmosphère, ce qui signifie que la quantité de carbone séquestrée dans le sol est supérieure à la quantité émise. Les mêmes pratiques ont abouti à une réduction des émissions de particules sur la période de l'étude. L'augmentation du nombre de têtes de bétail à l'échelle du pays entre 2001 et 2006 est la principale raison du léger fléchissement de l'indice de performance au chapitre des émissions d'ammoniac.
Les pratiques de gestion des terres qui favorisent la séquestration du carbone organique dans le sol, comme le travail réduit du sol et la gestion des résidus pour protéger le couvert végétal, doivent être maintenues et élargies afin d'accroître la quantité de dioxyde de carbone retirée de l'atmosphère et stockée dans le sol. Les pratiques semblables qui réduisent le nombre d'activités au champ et qui protègent la surface du sol contre l'érosion éolienne aident à réduire les émissions de particules. Les stratégies améliorées d'alimentation des animaux et l'utilisation plus efficace de l'azote en agriculture sont des exemples de pratiques de gestion bénéfiques qui peuvent aider à réduire les émissions de méthane, d'ammoniac et d'oxyde nitreux.
Gestion des terres agricoles
Le mode d'utilisation et de gestion des terres agricoles est un des principaux déterminants de l'effet de l'agriculture sur l'environnement. Les tendances de l'évolution du mode d'utilisation des terres et de l'adoption de pratiques de gestion bénéfiques fournissent des renseignements très pertinents pour aider à comprendre les résultats à partir des indicateurs de performance environnementale.
Au cours de la période de 1981 à 2006 (25 ans), l'utilisation des terres agricoles au Canada s'est intensifiée étant donné que la superficie en culture et la proportion de terres cultivées ont augmenté en grande partie à cause de la diminution de la superficie en pâturages et en terres improductives dans l'Est du Canada et de la superficie en jachère dans l'Ouest du Canada. En réaction aux débouchés commerciaux, les régimes de culture se sont diversifiés et la proportion d'oléagineux, de légumineuses et de cultures fourragères a augmenté au détriment de celle de céréales plus traditionnelles. Le nombre total d'animaux dans toutes les catégories principales de bétail s'est accru dans l'ensemble du Canada au cours de cette période de 25 ans. Toutefois, le nombre de bovins a diminué de 26 % dans l'Est et augmenté de 41 % dans l'Ouest en raison surtout de l'abolition des subventions gouvernementales au transport des céréales fourragères.
En même temps, les producteurs de l'ensemble du Canada appliquent un certain nombre de pratiques bénéfiques pour gérer le fumier, les engrais et les pesticides et protéger les ressources en terres et en eau. Les résultats révèlent un taux élevé d'adoption de pratiques de gestion des nutriments, dont l'analyse des éléments nutritifs dans le sol, l'optimisation du moment choisi pour épandre et incorporer le fumier et les engrais solides et liquides, et l'accroissement de la capacité d'entreposage du fumier. Les résultats montrent également que des améliorations pourraient être apportées dans d'autres domaines comme les pratiques d'entreposage du fumier solide et liquide, l'accès du bétail aux eaux de surface et l'épandage de pesticides. L'adoption de pratiques de conservation et sans travail du sol s'est accrue dans l'ensemble du Canada, au point de couvrir 72 % des terres cultivées en 2006, et a contribué ainsi à l'amélioration globale de la santé des sols au Canada.
Le paysage agricole canadien est une mosaïque de terres cultivées, naturelles et seminaturelles qui sont utilisées par près de 600 espèces d'oiseaux, de mammifères, de reptiles et d'amphibiens. Le paysage agricole est dynamique et les facteurs économiques incitent à effectuer des changements de couverture terrestre qui peuvent être utiles (conversion de jachères en pâturages) ou nuisibles (conversion de zones humides en terres cultivées) à l'habitat faunique. Entre 1986 et 2006, la perte de terres naturelles et semi-naturelles et l'intensification de la production agricole ont entraîné, à l'échelle nationale, un recul de la capacité moyenne des terres agricoles à offrir un habitat faunique. Cette tendance nationale peut varier en importance d'une région à l'autre selon que la proportion de terres naturelles et semi-naturelles dans le paysage est élevée ou non. Il faut encourager les pratiques de gestion bénéfiques comme la conservation des zones riveraines, l'adoption de méthodes de conservation du sol, la gestion des terrains boisés et la rotation des pâturages, surtout dans les régions agricoles où la capacité d'habitat faunique est limitée et dans les secteurs où cette capacité a beaucoup diminué.
Industrie des aliments et des boissons
Des indicateurs d'écoefficacité pour l'industrie des aliments et des boissons ont été mis au point afin d'évaluer l'intensité d'utilisation des ressources par dollar de produits manufacturés. Ces indicateurs ont été calculés pour les années repères, ce qui signifie qu'aucune analyse des tendances nationales n'est disponible pour le moment. Comme les établissements canadiens de transformation des aliments et boissons diffèrent sur le plan de la structure et des produits, ils n'affichent pas tous la même intensité d'utilisation des ressources. Par exemple, les secteurs de la mouture de céréales et d'oléagineux et de la fabrication de sucre et de confiseries utilisent beaucoup plus d'énergie que les secteurs des poissons et fruits de mer, des produits de viande et des produits laitiers. En outre, les types d'énergies utilisées varient selon les régions dans un secteur donné et influencent l'utilisation d'énergie et l'intensité des émissions de GES au sein de l'industrie. Les différences au niveau de la structure et des produits affectent aussi l'utilisation des matériaux d'emballage ainsi que l'intensité du prélèvement et de l'évacuation d'eau. Les futures mises à jour de ces indicateurs permettront d'analyser les tendances.
Coordonnées
Si vous aimeriez obtenir un exemplaire du rapport, veuillez communiquer avec le bureau d'administration du Programme national d’analyse et de rapport en matière de santé agroenvironnementale, par courriel, à naharp-pnarsa@agr.gc.ca.
Vous pouvez également voir des indicateurs agro-environnementaux détaillés en utilisant l'application de cartographie en ligne. Les données des indicateurs entre 1981 et 2006 sont représentées dans des cartes interactives et il est aussi possible de faire des comparaisons entre les années.
Notes de bas de page
- Note de bas de page 1
-
L'indice de performance agroenvironnementale pour la qualité du sol combine les indices pour l'érosion du sol, le changement du carbone organique du sol, la salinisation du sol et la contamination du sol par les éléments traces.
- Note de bas de page 2
-
L'indice de performance agroenvironnementale pour la qualité de l'eau combine les indices pour la contamination de l'eau par l'azote (N), le phosphore (P), les coliformes et les pesticides.
- Note de bas de page 3
-
L'indice de performance agroenvironnementale pour la qualité de l'air combine les indices pour les émissions de gaz à effet de serre (GES), de particules (PM) et d'ammoniac d'origine agricole.

Cultivons l'avenir, une initiative fédérale, provinciale et territoriale.