L'avenir de la science et de l'innovation en agriculture (Dialogues régionaux St. John's)
Dialogue régionaux
Le 12 avril 2010
St. John's, (Terre-Neuve)
M. Peter Hicklenton, directeur scientifique, a souligné les objectifs de la séance :
- Faire le point sur l'impact des discussions tenues l'an dernier dans la région de l'Atlantique (Moncton, Nouveau-Brunswick) sur les initiatives d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) en cours dans le domaine des sciences et de l'innovation.
- Faire le point sur le paysage actuel de la science et de l'innovation et générer des idées et des orientations pour la prochaine génération de scientifiques et d'innovateurs d'AAC.
- Édifier une tribune pour des échanges plus réguliers entre AAC et ses intervenants, particulièrement au niveau régional.
Présentation sur les initiatives en science et innovation :
- En 2008-2009, AAC a organisé des réunions dans huit villes réparties à travers le pays. Ont participé à ces réunions des représentants d'AAC, des gouvernements provinciaux, des associations de producteurs, de l'industrie agroalimentaire, des universités et d'autres intervenants du secteur.
- Les participants voulaient voir plus de réunions régionales ainsi qu'une plus grande collaboration. Ils voulaient particulièrement que soient créés des mécanismes éliminant les obstacles institutionnels à la collaboration. Les idées exprimées lors des réunions ont aidé à élaborer le Plan d'action stratégique en matière de science et d'innovation de la Direction générale de la recherche.
- Le Plan d'action stratégique en matière de science et d'innovation précise les 22 résultats clés associés aux sept priorités nationales en science et innovation. L'identification des résultats clés permettra d'orienter la recherche pour les quatre ou cinq prochaines années. AAC apprécie les commentaires des intervenants, particulièrement lorsqu'il s'agit de déterminer si ces résultats clés reflètent une orientation appropriée pour les activités de la Direction générale de la recherche.
- Les priorités nationales de la Direction générale de la recherche vont de l'amélioration de la santé des humains à la sécurité de l'environnement en passant par l'exploitation des bioressources. Bien que les activités de recherche aient une portée nationale, chaque centre met l'accent sur les réalités régionales.
- L'objectif est d'effectuer des recherches de calibre mondial qui génèrent des connaissances et donc de la valeur pour un secteur agricole et agroalimentaire canadien compétitif.
- L'initiative des grappes agroscientifiques canadiennes permet aux principaux organismes agricoles de mobiliser des ressources scientifiques et techniques à l'appui des stratégies d'innovation afin d'accroître la rentabilité et la compétitivité du secteur.
- L'initiative Développement de produits agricoles innovateurs (DPAI) aide à accélérer le développement précommercial des nouveaux produits, processus et pratiques agricoles.
- Nous devons maintenant approfondir les relations au niveau régional et local et concevoir de nouvelles idées pour les prochaines mesures à prendre en science et innovation, aux niveaux régional et national.
- L'initiative Allégations santé, aliments nouveaux et ingrédients du Plan d'action en matière de réglementation agricole (PARA) comprend un volet Direction générale de la recherche.
- La vérification scientifique permettra de recueillir de nouvelles données scientifiques pouvant étayer les allégations santé et fournir le soutien scientifique au chapitre de la réglementation de façon à établir les exigences pour les nouvelles catégories de produits en créant des réseaux et des liens scientifiques.
- L'initiative Systèmes environnementaux pour une agriculture durable (SEAD) vise à fournir des réponses scientifiques à deux priorités de haut niveau : l'eau et le changement climatique. Les SEAD appuient 25 projets de R et D examinés par les pairs et bénéficient directement aux producteurs par l'acquisition de connaissances et le développement.
- Le Programme de recherche sur la santé des animaux et la protection des végétaux appuie la recherche interne visant à contrôler les risques de catastrophe qui menacent les cultures canadiennes (la hernie du canola; la souche Ug99 de la rouille noire du blé), à trouver des solutions de rechange à l'utilisation d'antibiotiques pour stimuler la croissance du bétail, et à mettre au point des outils qui permettent aux intervenants de prendre des mesures proactives afin d'atténuer eux-mêmes les risques pour le système de production alimentaire.
- L'initiative Promouvoir les possibilités d'investissement en agriculture doit amener des entrepreneurs et des investisseurs potentiels du secteur de l'agriculture, de l'agroalimentaire et des produits agroindustriels à collaborer à une série d'activités nationales entre 2010 et 2013.
- L'initiative Prospectives en agriculture invite des intervenants des gouvernements, de l'industrie et des universités à anticiper les défis et les possibilités de l'avenir et leurs répercussions sur le secteur.
M. Marc Fortin, sous-ministre adjoint de la Direction générale de la recherche, a cité des exemples d'innovation et de collaboration :
- AAC célébrera son 125e anniversaire l'an prochain. AAC a été le seul organisme à mener des recherches agricoles, particulièrement sur la production, entre 1886 et 1926, année où quelques universités ont commencé à faire des recherches dans ce domaine. Des partenariats ont été mis en place entre AAC et des universités.
- En 1995, AAC renforce la collaboration avec ses partenaires de l'industrie en lançant le Programme de partage des frais pour l'investissement. Ce programme vise à régler les problèmes pratiques à court terme qui intéressent AAC, l'industrie agricole et agroalimentaire et leurs partenaires.
- En 2006, AAC lance le Programme d'innovation en matière de bioproduits agricoles. Le PIBA réunit les meilleurs experts d'AAC, des universités et de l'industrie dans un réseau fonctionnel complexe axé sur les bioproduits agricoles et la biotransformation. Ce type de collaboration entre de multiples intervenants introduit un degré élevé de complexité qui permet aux organismes de travailler ensemble de façon efficace.
- Les projets de DPAI et les grappes sont des investissements fondés sur des collaborations fructueuses entre deux ou plusieurs organismes. Une grappe peut comporter jusqu'à 50 partenaires de l'industrie qui jouent des rôles assez diversifiés le long d'une chaîne de valeur active. Le programme Cultivons l'avenir intègre des réseaux complexes de partenaires de l'industrie et des trois ordres de gouvernement.
- AAC fait des recherches et catalyse l'innovation afin de créer une culture dynamique capable de développer de nouveaux produits, de nouveaux carburants et de nouveaux lubrifiants au bénéfice du secteur agricole et agroalimentaire. L'établissement de nouveaux partenariats en réseau complexe mènera à l'élaboration de solutions novatrices et rendra ainsi le Canada plus compétitif sur le marché.
- Cette réunion à St. John's est la première d'une série de rencontres entre AAC et des intervenants de tout le Canada.
M. Fortin a conclu son exposé en posant une question :
« Comment pouvons-nous atteindre nos objectifs? Qu'est-ce qui manque? Quels obstacles faut-il écarter? De quoi une collectivité des connaissances et de l'innovation aurait-elle l'air? Qu'est ce qui lui faudrait pour réussir? »
Commentaires formulés lors des discussions en groupe :
- Les producteurs ont souligné que le gouvernement fédéral devait clarifier ses programmes de financement et établir des contacts personnels afin d'améliorer ses relations avec eux.
- Les participants reconnaissaient qu'il était possible d'améliorer les communications, notamment en prévoyant des rencontres avec un groupe équilibré de participants.
- Il y a beaucoup d'experts à Terre-Neuve-et-Labrador, mais il faut améliorer la coordination entre eux.
- Il faut établir un processus formel de regroupement : il devrait être assez facile de partager le fruit de nos recherches, car nous sommes relativement petits.
- Nous devons utiliser nos réseaux pour éliminer les doubles emplois et mettre davantage l'accent sur la recherche comme outil de commercialisation.
- Il y a beaucoup d'experts à Terre-Neuve-et-Labrador, mais il faut améliorer l'intégration et la coordination.
- Nous devons utiliser nos réseaux pour éliminer les doubles emplois et mettre davantage l'accent sur la recherche comme outil de commercialisation. La collaboration et le partage des connaissances ont une valeur réelle.
Le concept proposé des Réunions régionales des usagers de la recherche (RRUR) a été explicité :
- Les Réunions régionales des usagers de la recherche sont des réunions régionales conçues pour que les chercheurs et les usagers de la recherche poursuivent un dialogue régulier sur les questions de science et d'innovation qui intéressent les deux parties
- Les RRUR offrent des possibilités de communications bilatérales afin de partager les résultats des recherches en science et innovation et les rapports de renseignements et de solliciter des avis sur les questions de science et d'innovation d'intérêt mutuel.
- Le format souple et dynamique des RRUR vise les objectifs suivants :
- Favoriser une discussion ouverte sur les questions de science et d'innovation qui intéressent non seulement AAC, mais aussi d'autres chercheurs, le secteur agroalimentaire régional et d'autres intervenants;
- Explorer les questions de science et d'innovation et les nouveaux développements;
- Partager les résultats, les concepts et les idées en science et innovation;
- Cerner les possibilités de collaboration efficace;
- Faire en sorte que les intervenants aient leur mot à dire dans l'établissement de l'ordre du jour et les critères de participation;
- Permettre les réunions en personne, mais prévoir aussi d'autres options (réunions sur Internet, babillards électroniques, etc.);
- Assurer la souplesse des critères d'adhésion : il peut y avoir plus d'un groupe et il y aura plus d'une RRUR.
- Favoriser une discussion ouverte sur les questions de science et d'innovation qui intéressent non seulement AAC, mais aussi d'autres chercheurs, le secteur agroalimentaire régional et d'autres intervenants;
- Participeraient aux RRUR :
- Les chercheurs d'AAC;
- D'autres chercheurs - universités, collèges, ONG, AMG (p. ex. ACIA, ministère de l'Environnement, province);
- L'industrie, dont les agriculteurs, les organisations agricoles, les organisations de transfert de technologie, le secteur de la transformation des aliments;
- D'autres directions générales d'AAC dans la région : DGSA, DGSIM, Communications;
- Les chercheurs d'AAC;
Le facilitateur a ensuite posé des questions sur les réunions régionales des usagers de la recherche aux fins des discussions en groupe.
- Comment voudriez-vous que les RRUR fonctionnent dans votre région?
- Auriez-vous d'autres mécanismes ou formats à suggérer?
- Sur quoi devraient porter les RRUR des deux prochaines années (sujets, enjeux, etc.)?
Réponses du groupe
- Les RRUR devraient servir de tribune de discussion ouverte pour la prestation de conseils. Les discussions concerneraient la recherche et le développement en général dans la région.
- Les réunions devraient se tenir deux fois l'an à des endroits différents.
- Les réunions pourraient inclure des exercices de définition des priorités et examiner les moyens à prendre pour mieux aider les experts universitaires et provinciaux à renforcer leurs capacités en recherche.
- Pour que les RRUR obtiennent le succès espéré, elles doivent reposer sur une excellente structure. Il serait avantageux de faire appel à un facilitateur.
- Les RRUR répondront aux attentes seulement si des agriculteurs ordinaires de la région y participent.
- Quelqu'un doit assurer le suivi des mesures proposées aux RRUR.
M. Fortin a clos la séance en remerciant les participants pour leur temps et leur contribution à la discussion.