La nouvelle poire a désormais un nom

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Harovin Sundown l'emporte de façon écrasante


Poire Harovin Sundown

Plus de 11 000 personnes se sont prononcées : la majorité a choisi Harovin Sundown, le nom que portera désormais la poire créée par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Ce nouveau nom désignera désormais le cultivar HW614 qu'AAC a amélioré pendant 35 ans.

C'est à St. Catherines, en Ontario, devant une salle remplie de producteurs de poires qu'on a dévoilé, le 20 février 2008, le nom de la nouvelle poire, au cours de la Conférence des fruiticulteurs et des maraîchers de l'Ontario. Dans l'auditoire, nombreux étaient les producteurs qui avaient aidé M. Hunter, Ph.D., à cultiver cette poire dans leurs vergers et à en suivre l'évolution.

Grâce à des programmes régionaux d'évaluation, les chercheurs et producteurs ont pu recueillir les données indispensables à l'évaluation de la capacité de la poire de pousser en Ontario, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, soit les principales régions productrices de poires au Canada.

La poire Harovin Sundown possède des qualités remarquables, dont celle de résister au feu bactérien, une maladie de la poire répandue dans le monde entier. Et comme elle possède une maturation plus tardive, les producteurs peuvent l'entreposer plus longtemps. Cet avantage permettra aux Canadiens de déguster une délicieuse poire canadienne qui peut se conserver fraîche jusqu'au-delà de Noël.

Le Canada cultive plus de 130 variétés de poires. La plupart des amateurs connaissent le trio incontournable : la Bartlett, la Bosc et l'Anjou. Mais si vous habitez l'une des trois régions productrices, vous pouvez sans doute reconnaître aussi une Flemish Beauty, une Clapp ou une Mission. Il n'y a pas de doute que la poire Harovin Sundown deviendra bientôt un nom connu et qu'elle comptera parmi les favorites des consommateurs canadiens.

On pourra acheter la poire Harovin Sundown dans les éventaires routiers et dans les marchés de producteurs dès l'an prochain, dans les pépinières en 2010, et dans les supermarchés en 2015.


La sélection des poires

David Hunter, Ph.D., fait partie d'une équipe nationale de phytogénéticiens d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), qui produit de nouvelles variétés de cultures horticoles et de grandes cultures, depuis les fruits et légumes au soya, aux graines oléagineuses, aux céréales et au fourrage. Actuellement en poste dans la région du Niagara, à la station Vineland (Ontario), M. Hunter crée de nouveaux cultivars et sélections de poires à AAC pour les marchés frais et de la transformation depuis 1988. Son objectif consiste à créer des poires plus résistantes au feu bactérien, une grave maladie qui frappe les poires dans le monde entier, et à fournir de nouveaux cultivars de poires afin de prolonger les saisons de récolte et de commercialisation. Sa recherche insiste aussi sur les stratégies de gestion des vergers (p. ex., l'amélioration du rendement des porte-greffes), et sur des systèmes de formation pour répondre aux besoins de l'industrie qui réclame des arbres de plus petite taille et une production à forte densité des variétés destinées au marché frais et à la transformation.

Processus de sélection des poires

La sélection génétique de poires est un processus lent et méthodique; l'introduction d'une nouveau cultivar peut prendre jusqu'à 25 ans. On effectue chaque année des croisements entre des variétés de poires sélectionnées, dont certaines présentent des caractéristiques souhaitables du fruit et de l'arbre, et d'autres de meilleurs niveaux de résistance à la maladie. On teste la résistance au feu bactérien des semis qui en résultent en leur inoculant délibérément en serre de fortes doses de la bactérie du feu bactérien. Si les lésions de l'infection dépassent une certaine longueur, les semis sont jetés. Souvent, 75 p.100 ou plus des semis de certains croisements sont éliminés car ils présentent une faible résistance.

Les semis qui survivent à ces tests de sélection sont plantés en champs et ils traversent ensuite une longue phase juvénile (jusqu'à dix ans), suivie par deux ou trois ans de tests de fructification et de propagation, auxquels s'enchaînent d'autres années de tests en verger. Même si un nouveau cultivar présente en effet une bonne résistance au feu bactérien, son goût pourrait ne pas plaire aux consommateurs. Il n'y a que cinq ou six cultivars de poires populaires mondialement, et 90 p.100 de tous les cultivars sont vulnérables au feu bactérien.

Historique du programme de sélection

À l'origine, le programme fédéral de sélection de poires a commencé en Ontario, au Centre de recherche Harrow en 1962, puis a été transféré à la station Vineland dans la région du Niagara en 1995. Comme leurs racines sont toujours rattachées aux vergers de Harrow, les nouvelles variétés de poires issues de ce programme de sélection reçoivent le préfixe « Har » ou « Harrow ».

AAC a introduit plusieurs nouveaux cultivars de poires, notamment la Harrow Delight et la Harvest Queen au début des années 1980, la Harrow Sweet en 1990 ainsi que la AC Harrow Crisp et la AC Harrow Gold en 2002-2003. Deux nouveaux cultivars de poires doivent être lancées en 2007-2008. Toutes présentent une meilleure résistance au feu bactérien comparativement à la poire Bartlett, mais aucune n'est totalement immunisée.

M. Hunter a aussi participé à l'évaluation des arbres des vergers de semis de Kentville (Nouvelle-Écosse) pour déterminer les sélections prometteuses présentant la bonne combinaison de caractéristiques de l'arbre et du fruit. Grâce à des sélections prometteuses de Vineland et de Kentville, M. Hunter espère maintenir les vergers d'évaluation régionaux dans ces provinces et poursuivre des travaux de sélection semblables en Colombie-Britannique. Ceci l'aiderait à mettre à l'essai de nouvelles cultivars dans les trois principales régions de culture de poires du Canada et fournirait de l'information locale qui aiderait les producteurs à inclure les nouveaux cultivars dans leurs vergers.

Information sur les poires

Originaire de l'Asie, de la Chine et de l'Europe, la poire est l'un des plus anciens fruits cultivés et l'un des plus aimés. Dans l'Odyssée, le poète grec Homère évoque les poires, les appelant un cadeau des dieux. Un produit précieux et très recherché par les anciens commerçants, la poire était aussi souvent représentée dans les peintures religieuses de la Renaissance.

Protection et préservation de nos poires

Les phytogénéticiens travaillent avec d'autres spécialistes à la création de nouveaux cultivars résistants et tolérants aux maladies et aux insectes. Ils ont également besoin d'un approvisionnement de matériel génétique ou de différentes plantes « mères » qu'ils croisent pour produire une nouvelle plante.

Ressources phytogéniques du Canada a été fondé en 1970 en vue de protéger, de préserver et d'améliorer la diversité génétique des cultures canadiennes et des plantes sauvages apparentées par l'acquisition, l'évaluation, la recherche et la documentation des ressources génétiques des cultures. On dispose ainsi d'une grande variabilité génétique pour la création de variétés de cultures et d'études phytogéniques à l'échelle nationale et internationale. En 1989, la Ferme expérimentale Smithfield à Trenton (Ont.) fut désignée le site principal pour la préservation des cultures fruitières obtenues par une méthode de multiplication de type clonal au Canada. Le programme de banque de gènes a été transféré au Centre de recherches sur les cultures abritées et industrielles (Harrow) en 1996.

La Banque canadienne de clones, également située à Harrow, contient une vaste collection de poires comportant 125 spécimens de plante uniques, dont 83 cultivars et sélections, 15 porte-greffes, 3 coings (fruit de la même famille que les poires et les pommes) et 17 poires des Jésuites. On y retrouve plusieurs cultivars d'origine canadienne en plus de nombreuses variétés anciennes. Il est possible de se procurer une quantité limitée de bois de greffe en saison.

Un projet entrepris récemment par la banque de gènes consiste à localiser et à préserver les poiriers des Jésuites, dont il en reste moins de 40 dans le comté d'Essex, en Ontario. Ces arbres ont à l'origine été plantés par des colons canadiens français, et les fruits étaient utilisés dans les cidreries familiales locales. Des références historiques décrivent les arbres comme mesurant 80 pieds de haut, avec des circonférences allant jusqu'à 10 pieds. Le meilleur spécimen, qui est probablement un arbre de deuxième génération, se trouve dans une ferme privée près de Harrow, et on estime son âge à 300 ans. Très robustes, ces arbres patrimoniaux ont de bons taux de survie et portent un important matériel génétique que recherchent les sélectionneurs.

Afin d'obtenir une copie de Obtentions de poirier de la Banque canadienne de clones, veuillez contacter :

Recherche et l'innovation
Agriculture et Agroalimentaire Canada
2585 chemin Road 20
Harrow (ON) N0R 1G0
Téléphone : 519-738-1222
Télécopieur : 613-759-7976

Autres renseignements

Les poires au Canada

Les poires sont arrivées en Amérique du Nord avec les premiers colons. Ainsi, les poiriers des Jésuites ont été plantés par les premiers colons français près de l'endroit qui s'appelle aujourd'hui Detroit, au Michigan. Extrêmement rares de nos jours, ces arbres marquaient la frontière des collectivités canadiennes-françaises près de Windsor et de Chatham, en Ontario, et des collectivités franco-américaines du Michigan, de l'Indiana et de l'Illinois. Des références historiques décrivent les arbres comme mesurant 80 pieds de haut, avec des circonférences allant jusqu'à 10 pieds.

De nos jours, les principales régions de culture des poires se trouvent en Ontario et en Colombie-Britannique, et la Nouvelle-Écosse en produit également, mais en moindre quantité.

Recettes et information provinciale sur les poires

Les recettes de poires de l'Ontario :
Les principales variétés de poires cultivées sont la Bartlett et la Bosc; les variétés Anjou, Flemish Beauty et Clapp sont produites en quantités plus petite quantité.

Les recettes de poires de la Colombie-Britannique (en anglais seulement) :
Les principales variétés de poires cultivées sont la Bartlett et l'Anjou; les variétés Bosc, Red, les poires nashi et d'autres variétés sont produites en moindre quantités.

Les recettes de poires de la Nouvelle-Écosse (en anglais seulement) :
Les principales variétés de poires cultivées sont la Bartlett et la Clapp.

Recherche sur la lutte dirigée

Les revendications des consommateurs pour des aliments libres de pesticides, la résistance des ravageurs à de nombreux produits de lutte chimique et le retrait de nombreux produits du marché ont donné naissance à un besoin urgent de moyens de lutte dirigée de rechange.

Les scientifiques d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) élaborent des pratiques de gestion bénéfiques et des stratégies de lutte dirigée de rechange afin de lutter contre les insectes, les maladies et les mauvaises herbes. Les options de lutte non chimique sont examinées pour les arbres fruitiers, notamment la confusion sexuelle, la technique de l'insecte stérile, l'attraction-destruction, les produits naturels et les agents de lutte biologique (parasitoïdes, prédateurs, nématodes et pathogènes).

Dans l'intérieur de la Colombie-Britannique, un programme de lâchers d'insectes stériles à l'échelle de la région, élaboré par le personnel d'AAC et mis en oeuvre depuis 1994, déclare avoir réduit de 65 p.100 l'utilisation de pesticides clés.

Les scientifiques examinent également des moyens de réduire l'utilisation de pesticides en améliorant les techniques d'épandage, le choix du moment de l'épandage pendant les périodes d'activités des ravageurs, et en n'effectuant l'épandage que lorsque le ravageur est susceptible de causer des dégâts économiques. Ainsi, le feu bactérien, causé par Erwinia amylovora, est une maladie bactérienne des pommiers, des poiriers, de l'aubépine dorée et des plantes d'ornement de la famille des rosacées. La maladie peut aboutir à la perte de branches et de la structure de l'arbre. Dans les cas graves, lorsque la bactérie progresse dans le tronc ou infecte le porte-greffes, des arbres entiers peuvent être tués. AAC, de concert avec des spécialistes provinciaux, a créé un guide pour aider les producteurs à lutter contre cette maladie dévastatrice. L'ouvrage Lutte intégrée contre le feu bactérien de la pomme et de la poire au Canada est disponible en communiquant avec le Centre pour la lutte antiparasitaire à Ottawa.

Fiche éclair sur les poires

  • Une poire est composée à 83 p.100 d'eau, est une bonne source de vitamine B, et contient un peu de vitamine C, du phosphore et de l'iode.
  • Les poires sont cueillies à la main avant d'être entièrement mûres. Si on laisse les poires mûrir sur l'arbre, la chair deviendra brune et molle.
  • Il faut planter deux variétés de poires dans un verger pour qu'il y ait une pollinisation croisée.
  • Les poires sont classées neuvièmes selon le volume total pour la production de culture fruitière dans le monde.
  • Les principaux pays exportateurs de poires du monde sont : l'Argentine, la Chine, les états-Unis, l'Italie, le Chili et l'Afrique du Sud.
  • AAC a introduit plusieurs nouvelles variétés de poires, notamment la Harrow Delight et la Harvest Queen au début des années 1980, la Harrow Sweet en 1990 ainsi que la AC Harrow Crisp et la AC Harrow Gold en 2002-2003.
  • Il faut de six à huit ans à partir du moment où le porte-greffes (plante ou souche avec des racines en santé utilisé pour les greffes) est planté jusqu'à ce que les poires puissent être cueillies.
  • En Colombie-Britannique, les poires sont principalement cultivées dans les vallées de l'Okanagan, Simikameen et Kootenay.
  • Soixante-quinze pour cent des poires cultivées en Ontario proviennent de la région de Niagara.
  • Les phytogénéticiens d'AAC de tout le Canada élaborent de nouvelles variétés de cultures horticoles et de grandes cultures, depuis les fruits et légumes au soya, aux graines oléagineuses, aux céréales et aux fourrages.
  • Parmi les autres nouvelles cultures fruitières récemment diffusées par les sélectionneurs d'AAC, citons : Wendy (fraise de Kentville, en Nouvelle-écosse), Aurora Golden Gala (pomme de Summerland, en Colombie-Britannique), Sovereign et Sentennial (cerise douce de Summerland, en Colombie-Britannique).
  • Il y a plusieurs années, un concours lancé pour trouver un nom à une pomme a donné le nom Aurora Golden Gala à une pomme de Summerland (Colombie-Britannique). Cette pomme est à présent produite en Colombie-Britannique et en Ontario... cherchez-la dans les magasins cet automne.

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La sélection des poires (Version PDF, 272 Ko)