Modèles de plantations pour l'établissement d'habitats fauniques dans un coin irrigué par pivot

Qu'est-ce qu'une plantation faunique?

Il faut d'abord noter que pratiquement toutes les plantations d'arbres, peu importe leur taille, fournissent un habitat pour la faune, mais qu'il arrive souvent que les arbres plantés strictement pour servir de brise-vent n'offrent pas certains éléments d'habitat qui sont importants pour la faune. Les plantations d'arbres établies dans le but précis de constituer un habitat faunique comprennent habituellement une gamme d'espèces dont la sélection, l'aménagement et l'emplacement sont planifiés de façon à satisfaire trois besoins de la faune : fournir un abri, de la nourriture et des couloirs d'évasion.

La plupart d'entre nous connaissons bien la disposition des arbres qui sont plantés pour servir d'abri autour des fermes. Il s'agit habituellement d'une plantation en plusieurs rangées où l'on trouve dans la rangée extérieure une espèce d'arbuste suivie d'une ou deux rangées de grands arbres feuillus et parfois d'une ou deux rangées de conifères du côté le plus rapproché de la ferme. Les brise-vent conçus pour les fermes offrent un abri et, s'ils sont assez larges, des voies de circulation ou des couloirs d'évasion pour la faune, mais souvent ils ne fournissent pas grand chose en matière de nourriture.

On devrait également utiliser la disposition en plusieurs rangées pour une plantation d'arbres pour la faune; cependant, celle-ci devrait idéalement être conçue de façon à ce que des arbustes fruitiers soient plantés dans les rangées extérieures opposées et que les arbres feuillus plus grands, et possiblement les conifères, soient à l'intérieur. Ce modèle général de plantation en blocs pour la faune fournit tous les éléments importants en matière de nourriture, de couvert et, selon sa longueur, de couloirs d'évasion. Ce modèle de plantation maximise la quantité de lisière disponible pour la faune. Le terme « lisière » est utilisé pour désigner un secteur où les arbustes et les pâturages ou les cultures se rencontrent. On sait qu'accroître la quantité de lisière accroît l'alimentation et la nidification des oiseaux. Des renseignements supplémentaires sur les plantations en blocs pour la faune sont disponibles dans la brochure intitulée Conception de plantations d'arbres pour la faune.

Plantations polyvalentes

Souvent, les agriculteurs ne sont pas prêts à consacrer la quantité de terre nécessaire pour établir une plantation en blocs destinée spécifiquement à la faune. Cela est particulièrement vrai dans les coins irrigués par pivot où l'on pourrait avoir besoin d'une partie de la terre pour, entre autres, y entasser l'alimentation pour le bétail, y stocker des grains ou y mettre de l'équipement. Cependant, ils pourraient être prêts à établir une plantation d'arbres qui servirait d'abri pour leurs usages tout en fournissant des éléments plus utiles pour la faune que ne le fait un brise-vent de ferme standard. Dans ce cas, un brise-vent de ferme standard à plusieurs rangées établi du côté d'où vient le vent dans un coin irrigué par pivot pourrait être intégré à une plantation du type fournissant des parcelles d'alimentation boisées en étant placée à angle droit par rapport à cette dernière (voir la figure 1).

Cependant, si l'agriculteur était disposé à consacrer plus de terre à cette plantation, on pourrait alors envisager la plantation de certains arbres et arbustes feuillus à plus faible croissance de l'autre côté de la rangée de conifères. Cela peut même se faire plus tard. Dans ce cas, la partie de cette plantation polyvalente servant de brise-vent pourrait être convertie en ce que l'on pourrait plus judicieusement appeler une plantation en blocs pour la faune, telle que décrite précédemment.

Plantation d'arbres en parcelles d'alimentation boisées

Le principal objectif de ce type de plantation est de fournir une source de nourriture à longueur d'année ainsi qu'une certaine protection. La quantité et le type de nourriture dépendront des espèces fauniques que l'on désire attirer. Divers aliments peuvent être fournis par des plantes ligneuses comme des baies, des graines et des plantes de broutage. Les figures 1, 2 et 3 intègrent toutes les trois diverses configurations de plantations d'arbres en parcelles d'alimentation boisées. Les figures 1, 2 et 3 intègrent toutes les trois diverses configurations de plantations d'arbres en parcelles d'alimentation boisées conçues spécifiquement pour les faisans.

Couloirs d'évasion et corridors de circulation

Les plantations étroites à une ou deux rangées conçues pour la faune et fournissant un couvert continu entre des plantations d'arbres de grande taille créent des couloirs d'évasion ou de circulation importants. Si ce type de plantation peut s'intégrer aux plantes déjà en place, par exemple le long des coulées, des criques ou des canaux, les voies de circulation peuvent être prolongées davantage. Dans les districts d'irrigation, les plantations en lignes devraient être considérées comme une solution dans les nouvelles emprises de pipeline lorsque les canaux d'irrigation sont remplacés par des pipelines, puisqu'un habitat faunique utile est souvent perdu lors d'un tel processus. Dans ces cas, les plantations en lignes peuvent être particulièrement utiles si elles peuvent constituer un lien entre des plantations plus importantes conçues pour la faune dans des coins irrigués par pivot différents.

Conception de plantations aux fins de la protection de la faune pour des espèces ciblées

Le choix des essences et leur disposition peuvent favoriser certaines espèces plus que d'autres. Les modèles recommandés pour la protection de l'habitat faunique dans les figures 1 à 3 ont été conçus en ayant à l'esprit les faisans comme espèce cible. Cependant, les travaux de création d'habitat recommandés dans la présente brochure fourniront également un abri, des ressources alimentaires et des couloirs d'évasion pour de nombreuses autres espèces fauniques.

Besoins des faisans en matière de couvert et d'abri

Le choix des types de couvert par les faisans dépend souvent de leurs activités quotidiennes. Un facteur important qui détermine le choix de l'habitat semble être la protection contre les prédateurs. Pendant la journée, le couvert qui comprend une voûte de feuillage et peu de végétation dans le sous-étage sera choisi par les faisans pour se protéger des oiseaux prédateurs. Pendant la nuit, les faisans choisiront plutôt un couvert constitué de plantes basses (plantes herbacées ou arbustes) leur permettant de s'enfuir en volant quand un mammifère prédateur se présente.

Au cours de l'hiver, particulièrement lors des tempêtes de neige, les faisans devront se protéger des basses températures, des grands vents et de la poudrerie. Les espèces d'arbres et la grandeur de l'habitat deviennent alors des facteurs importants. La meilleure barrière contre les grands vents et la poudrerie est une végétation dense comme celle que procurent les marais à quenouilles ou les conifères. La dimension de l'habitat est un élément important : si l'habitat est trop petit, il peut se remplir de neige et être ainsi peu utile comme moyen de protection.

Recommandations

Un brise-vent polyvalent pour la faune devrait être constitué d'au moins quatre à six rangées d'arbres et d'arbustes pour assurer une protection adéquate. Les rangées extérieures (du côté du vent) devraient être constituées d'une espèce d'arbuste rustique comme le caragana, l'argousier, la shépherdie argentée ou le cerisier de Virginie. Les rangées suivantes, en allant vers l'intérieur, devraient être formées de grands arbres feuillus afin de donner de la hauteur au brise-vent comme l'érable à feuilles composées, le frêne vert ou le saule. Finalement, les rangées les plus à l'intérieur devraient être constituées de conifères comme l'épinette ou le pin, qui assureront éventuellement la meilleure protection à longueur d'année contre les éléments (voir la figure 1).

Besoins alimentaires des faisans

La proximité d'une source de nourriture par rapport aux secteurs servant de couvert et d'abri est importante pour la survie des faisans, particulièrement en hiver. Le faisan va souvent préférer un habitat où le couvert est de bonne qualité à celui où il y a suffisamment de nourriture mais peu de couvert. Il est par conséquent souhaitable d'inclure une aire d'alimentation près d'un couvert.

Les faisans sont avant tout granivores, mais ils vont se servir de fruits s'il y en a. Établir une plantation pour la faune conçue spécialement pour les faisans près de cultures céréalières est une pratique souhaitable. Laisser sur pied une partie des céréales (comme parcelle d'alimentation) en bordure du champ et d'une plantation conçue pour la faune va aider les faisans à passer l'hiver. Les fruits provenant de la parcelle d'alimentation boisée constituent également une source importante de nourriture en hiver parce que ce secteur n'est habituellement pas recouvert de neige et est ainsi accessible aux faisans. Les fruits provenant du rosier, de la symphorine et de l'olivier de Bohême occupent une place particulièrement importante en hiver.

Recommandations

Les espèces qui servent de nourriture au faisan comprennent des arbustes comme le rosier, la symphorine, l'olivier de Bohême, l'argousier, la shépherdie argentée, le cerisier de Virginie et le sureau rouge. Il convient de souligner que l'érable à feuilles composées et le frêne vert ont été d'abord recommandés pour accroître la hauteur des plantations pour la faune, mais leurs graines constituent également une source de nourriture pour les faisans en hiver.

Remarque : L'olivier de Bohême peut être envahissant le long des cours d'eau. Par conséquent, cette espèce ne devrait pas être plantée près des cours d'eau naturels et artificiels.

Corridors de circulation pour les faisans

Les faisans vont souvent passer d'une aire d'alimentation ou d'un secteur abrité à un autre. Il est important qu'il y ait des voies de circulation sûres entre ces deux types d'habitat pour protéger les faisans contre les prédateurs et le mauvais temps. L'habitat présent dans les coins irrigués par pivot peut être relié par des plantations d'arbres constituées d'une ou deux rangées qui fournissent des corridors de circulation. Ces plantations peuvent se trouver en bordure du quart de section ou le long de l'emprise d'un canal ou d'un pipeline de district d'irrigation.

Recommandations

Le nombre de rangées d'arbres va dépendre de l'espace disponible, mais dans la mesure du possible, au moins deux rangées devraient être plantées. Les espèces recommandées pour ces corridors de circulation sont l'argousier, le caragana, l'aubépine, la shépherdie argentée, le cerisier de Virginie et le pin sylvestre. Les espèces plus petites, telles le rosier, le cornouiller et la symphorine, peuvent également être utilisées dans les plantations en lignes situées en bordure de quarts de section comptant un système d'irrigation par pivot. Leur petite taille à maturité garantira qu'elles ne constitueront pas un obstacle à l'irrigation.

Couvert dense pour la nidification des faisans

L'un des facteurs les plus importants qui influent sur la survie des populations de faisans dans les prairies canadiennes est la disponibilité d'un habitat de nidification sûr. Les caractéristiques principales de la végétation d'un tel habitat, qui en font un couvert approprié pour les faisans, sont une hauteur et une densité suffisantes qui permettent aux faisans de se dissimuler des prédateurs et de se protéger des intempéries; il faut également que cet habitat comprenne une source de nourriture ou soit relativement proche d'une telle source. Le couvert peut être constitué de plantes indigènes ou se présenter sous forme de parcelle de foin ou de culture. La plupart des cultures céréalières et les champs de foin qui croissent sous les rampes-pivots procurent un excellent couvert de nidification aux faisans; cependant, l'ensemencement de graminées vivaces combiné à l'établissement d'une plantation conçue pour la faune dans un coin irrigué par pivot peuvent également fournir un couvert de nidification adéquat.

Les faisans et la gestion des champs de foin

Il est particulièrement important que l'on dispose d'un couvert de remplacement pour la nidification combiné à une plantation conçue pour la faune dans un coin irrigué par pivot si le fourrage est planté sous le pivot étant donné que la première coupe de foin a souvent lieu quand les poules faisanes sont encore sur leur nid ou quand les poussins sont encore passablement jeunes. Au moment de la première récolte de foin, particulièrement s'il y a des plantations conçues pour la faune dans le coin irrigué par pivot, on recommande que le champ soit coupé du pivot vers l'extérieur. Il y a alors de meilleures chances pour que les poules faisanes avec les poussins soient poussées vers les coins irrigués par pivot qui sont abrités. On recommande également d'utiliser une barre d'affleurement sur la faucheuse.

Sélection des fourrages dans les coins irrigués par pivot

Il existe beaucoup d'options permettant de fournir un couvert dense pour la nidification. On peut utiliser notamment des graminées et des légumineuses introduites de saison fraîche, de hautes graminées indigènes de saison chaude ou des graminées indigènes mélangées des prairies. Bien qu'un grand nombre des espèces indigènes faisant partie des deux dernières catégories puissent fournir un excellent couvert pour la nidification, la disponibilité des semences, leur coût, les soins et les efforts assidus nécessaires pour qu'elles s'établissent peuvent exiger plus d'argent et de travail que beaucoup de propriétaires terriens ne sont prêts à y consacrer. Il se pourrait aussi que les agriculteurs veuillent, du moins à l'occasion, faucher ce secteur. Dans ce cas, l'utilisation d'espèces fourragères introduites de terres sèches pourrait être un choix plus prometteur. Si les propriétaires terriens désirent faucher cette parcelle tout en la conservant surtout pour la faune, il est alors important que celle-ci soit fauchée tard dans la saison (c.-à-d. attendre jusqu'en juillet).

Si un propriétaire terrien désire planter une graminée indigène et projette de la laisser se développer dans le but d'obtenir un couvert dense pour la nidification, il pourrait alors envisager l'utilisation de deux espèces indigènes, à savoir l'agropyre des berges et l'agropyre à chaumes rudes. Si l'on fait cette suggestion, c'est parce que la semence pour ces deux espèces pourrait être plus facilement disponible que pour d'autres espèces indigènes et qu'elles s'établissent plus facilement que bien des espèces indigènes. En outre, si la zone herbagée n'a pas à être utilisée pour le foin ou à d'autres fins, il serait alors possible de planter quelques massifs de symphorine ou de rosier sauvage à l'intérieur de celle-ci.

Agropyre à chaumes rudes

Cette espèce, l'agropyre à chaumes rudes, bien qu'elle ne soit pas aussi résistante à la sécheresse que l'agropyre à crête, s'établit facilement et peut croître dans une grande variété de sols y compris des sols alcalins et salins. On la décrit généralement comme une espèce de graminées poussant en touffe, dont les stocks de semence se trouvent à plus de 60 cm de hauteur, et qui possède beaucoup de feuilles. On la décrit en outre comme une espèce à courte vie (c'est-à-dire entre cinq et six ans); cependant, des chercheurs ont découvert que, si la pression exercée par le broutage ou le fauchage est très faible, elle va demeurer en place jusqu'à 20 ans ou davantage.

Agropyre des berges

L'agropyre des berges est une graminée tolérante à la sécheresse, indigène, vivace à longue vie, de saison fraîche, formant des mottes et qui ressemble en apparence à l'agropyre du Nord. Ses racines sont profondes et ses rhizomes sont très forts et vigoureux, ce qui lui permet de s'étendre rapidement et de former un bon couvre-sol. Cependant, la partie aérienne est relativement courte (les feuilles mesurent de 10 à 25 cmen hauteur et les tiges atteignent une hauteur pouvant allant jusqu'à 90 cm). En raison de sa tendance à former des mottes et de sa croissance relativement faible, elle fournit une excellente protection contre l'érosion dans les fossés d'irrigation. Dans les zones où la terre est sèche, on peut l'utiliser dans les aires de stationnement et dans les cours servant à entreposer les machines agricoles. Ses mottes épaisses permettent de garder un secteur exempt de mauvaises herbes avec un minimum d'entretien.

Plantation de graminées entre les rangées d'arbres

Pour réduire la concurrence pendant la période d'établissement des arbres, nous recommandons de ne pas planter de graminées entre les rangées. On peut envisager la plantation de graminées entre les rangées une fois que les arbres ont une large cime et qu'ils sont bien établis. Planter à ce moment-là des graminées entre les rangées d'arbres va réduire l'entretien nécessaire tout en agrandissant l'habitat des faisans. La fétuque ovine est un exemple de graminées en touffe de faible croissance et relativement non concurrentielle qui va croître dans les zones ombragées; cependant, elle pourrait ne pas survivre à de longues périodes de sécheresse.

Dans les régions plus sèches comme dans la partie sud des prairies, il serait peut-être judicieux d'attendre jusqu'à dix ans après la plantation d'arbres avant de planter des graminées entre les rangées d'arbres pour que ces derniers restent vigoureux.

Préparation du lieu de plantation d'arbres

Pour ce qui est des brise-vent, la lutte contre les mauvaises herbes commence au moment de la préparation du lieu de plantation. L'élimination des mauvaises herbes vivaces sur le lieu de plantation constitue une étape importante et est beaucoup plus facile à réaliser avant la plantation proprement dite. Toute la zone de plantation doit être labourée et, dans la mesure du possible, on devrait y laisser les mauvaises herbes vivaces pour qu'elles repoussent jusqu'au stade voulu pour procéder à un traitement au glyphosate (Roundup). Si l'on ne désire pas utiliser de produits chimiques, il faudra alors labourer plusieurs fois pour éliminer les mauvaises herbes vivaces. Pour obtenir les meilleurs résultats, on recommande par conséquent de préparer le lieu de plantation un an avant la plantation des arbres.

Dans un lieu servant à la plantation d'arbres, les graminées devraient être considérées comme des mauvaises herbes vivaces. Si on laisse une plant herbacée pousser autour d'un semis, il arrive souvent qu'elle fasse concurrence au semis pour l'humidité. Une fois que les arbres sont bien établis avec un bon feuillage, on peut envisager d'utiliser des espèces de graminées particulières qui croissent à l'ombre (voir ci-dessus).

Lutte contre les mauvaises herbes

Le succès des plantations d'arbres dans les prairies dépend d'un grand nombre de variables. On peut agir sur certaines d'entre elles ou les contrôler. La concurrence exercée par les mauvaises herbes est une variable que l'on peut contrôler et est l'élément le plus important dans le succès de toute nouvelle plantation d'arbres. Comme l'objectif est d'avoir des plantations fonctionnelles pour la faune, le taux de croissance des semis est aussi important que leur survie. Toutes les études menées par le Centre des brise-vent de l'ARAP ont montré que la survie et la croissance des semis sont bien meilleures dans les plantations où la lutte contre les mauvaises herbes a été efficace que dans celles où la lutte a été peu efficace. Dans la plupart des cas, la croissance des semis a plus que doublé dans les plantations où la lutte a été efficace par rapport à celles où la lutte ne l'a pas été. Une plantation d'arbres en blocs de quinze ans qui n'a pas encore atteint cinq pieds de hauteur n'a encore que peu de valeur pour la faune. Par conséquent, il faut absolument que des mesures soient prises pour réduire au minimum la concurrence exercée par les mauvaises herbes dans toute nouvelle plantation.

Lutte chimique contre les mauvaises herbes

Si l'on choisit de se servir d'herbicides pour réduire la concurrence exercée par les mauvaises herbes, l'application d'un produit à base de trifluraline (c.-à-d. tréflan) avant la plantation permettra de lutter efficacement contre les graminées annuelles et un certain nombre de mauvaises herbes à feuilles larges pendant une bonne période de temps après l'application.

L'utilisation d'un mélange en cuve de tréflan et de sencor avant la plantation améliorera davantage la gamme de mauvaises herbes à feuilles larges touchées. Au lieu d'utiliser le sencor pour lutter contre les espèces sur lesquelles la trifluraline n'agit pas, on peut choisir d'utiliser un produit à base de linuron immédiatement après la plantation.

Une fois que les arbres sont établis, on peut procéder à une application annuelle de linuron ou encore se servir de simazine ou de dichlobénil (Casoron). Il convient de souligner qu'il sera dans ce cas nécessaire de lutter, en partie, mécaniquement contre les mauvaises herbes (c'est-à-dire utiliser la binette). On ne peut s'attendre à ce que les produits chimiques contrôlent la croissance de toutes les mauvaises herbes sans que cela n'ait des effets graves sur les arbres. Toutes les fois que des produits chimiques sont utilisés, on doit bien suivre les directives concernant les concentrations et prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires.

Lutte non chimique contre les mauvaises herbes

On peut aussi envisager de recourir à des méthodes de lutte contre les mauvaises herbes qui ne font pas appel aux produits chimiques. L'utilisation de paillis pour empêcher la croissance des mauvaises herbes autour des arbres gagne en popularité. Les paillis peuvent être faits de matière organique ou plastique et chaque type a ses avantages. Les paillis organiques sont constitués de produits tels des copeaux de bois, de la sciure de bois, des anas de lin ou de la paille. Les paillis organiques ont l'avantage d'être peu coûteux, mais leur utilisation peut entraîner une carence en azote qui peut être compensée en ajoutant un fertilisant. Les paillis organiques ont également tendance à maintenir la température du sol plus basse, bien que cela ne constitue pas un problème en général. Finalement, un choix approprié de paillis organiques va réduire au minimum les dommages que peuvent causer les rongeurs à la plantation d'arbres.

Les paillis plastiques contribuent à maintenir l'humidité et permettent de lutter contre les mauvaises herbes pendant une plus longue période autour des arbres dans les brise-vent. Le plastique est déposé sur le sol autour des arbres pour empêcher la croissance des mauvaises herbes et pour garder l'humidité. L'application des paillis plastiques exige un équipement spécial, mais il y a relativement peu de suivi à faire. Après l'application initiale, il faut exercer un certain contrôle sur les mauvaises herbes tant dans le cas des paillis organiques qu'inorganiques. Les mauvaises herbes vont croître en bordure du paillis et occasionnellement à l'endroit où les arbres pénètrent le paillis. Pour contrôler leur croissance, on devrait les faucher ou les pulvériser.

Modèles

On a planifié les modèles de plantations conçus pour la faune dans les coins irrigués par pivot en ayant à l'esprit le faisan comme espèce cible. La figure 1 et la figure 2 illustrent plus particulièrement certaines possibilités pour la création d'un habitat faunique en utilisant un brise-vent polyvalent, une parcelle d'alimentation boisée et une végétation des prairies dans un coin irrigué par pivot. La figure 3 montre certaines options s'appliquant à des coins adjacents irrigués par pivot. Comme chaque cas est différent, ces modèles sont présentés comme des projets qui peuvent être modifiés pour répondre aux besoins d'un site en particulier.

Notes techniques

  1. Selon la réglementation courante concernant la distance minimale permise, la plantation devrait se trouver à au moins 150 pieds des routes municipales et à au moins 300 pieds des autoroutes. Cependant, le producteur devrait vérifier auprès de l'administration de son comté pour savoir s'il existe des règlements locaux qui peuvent s'appliquer.
  2. Nous recommandons de maintenir une distance d'environ 100 pieds entre la plantation et les routes d'accès, les bâtiments et tout autre secteur où vous ne désirez pas voir la neige s'accumuler.
  3. Nous recommandons que les rangées d'arbres soient espacées d'au moins 12 à 16 pieds pour permettre de lutter mécaniquement contre les mauvaises herbes. L'espacement entre les rangées va dépendre de la taille de votre équipement.

Certains bureaux de DGSA mettent à la disposition des agriculteurs de leur district des dérouleuses pour l'application de paillis plastiques. Si vous êtes intéressés à utiliser une dérouleuse, veuillez communiquer avec votre bureau local de la Direction générale des services agroenvironnementaux (DGSA).

Pour plus d'information, s'adresser au :

Centre du développement de l'agroforesterie
Indian Head (Sask.) S0G 2K0
Tél. : 1-866-766-2284 ou télécopieur : 306-695-2568
Courriel : agroforesterie@agr.gc.ca