L'industrie vinicole canadienne
L'industrie vinicole canadienne (volet 31213 du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN 31213)) comprend les établissements qui s'adonnent principalement à la préparation du vin ou du brandy en utilisant des raisins ou d'autres fruits.
Elle comprend également les établissements qui s'adonnent principalement à la culture des raisins et à la fabrication du vin, celles qui fabriquent du vin en utilisant des raisins ou d'autres fruits achetés ou qui effectuent des coupages de vins ou celles qui distillent du brandy et du cidre.
1. Introduction
Au cours du dernier quart de siècle, les vignerons canadiens ont augmenté leur production de vins de grande qualité. Les premiers colons européens venus au Canada ont tenté de cultiver un certain nombre de variétés de raisins d'Europe de l'espèce vitis vinifera (V. vinifera), mais ont échoué à cause des étés chauds et humides et de la rigueur des hivers. L'industrie vinicole s'est plutôt tournée vers des variétés indigènes rustiques, comme la vitis labrusca, vitis riparia et d'autres hybrides et s'est principalement concentrée sur la production de vins fortifiés.
Bien que le Canada ne soit pas un important producteur de vin selon les normes mondiales, l'industrie s'est placée dans un créneau de fabricants de vins de glace et de vins de vendange tardive de renommée internationale, en raison de l'influence de son climat frais. Les zones vinicoles dont le climat est frais dans le nord-ouest des États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Allemagne et au Canada sont appropriées à la culture des variétés V. vinifera de raisins comme Riesling, Chardonnay et Pinot Noir. Les régions vinicoles du Canada ne sont pas homogènes, mais les raisins Merlot, Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc sont des variétés V. vinifera aussi populaires. La variété hybride française vidal est très populaire dans la fabrication de vin de glace, principalement en Ontario.
Le vin représentait environ 1 % de la part du marché des boissons au Canada (voir figure 1) en 2007. Selon Statistique Canada, il s'agit d'un volume semblable à celui de l'eau-de-vie distillée, mais très inférieur à celui de la consommation de la bière.
Figure 1 : Part du marché canadien des boissons, selon le volume, 2007

Description - Figure 1
La figure 1 est un diagramme à secteurs illustrant le partage du marché des boissons au Canada en fonction du volume des principales catégories de boissons en 2007 selon la Beverage Marketing Corporation. Le partage est le suivant : boissons gazeuses - 14 %, café - 14 %, lait - 11 %, thé - 10 %, bière - 9 %, boissons aux fruits -10 %, eau embouteillée - 10 %, vin - 1 %, spiritueux - 1 %, autres boissons - 20 %.
2. Structure de l'industrie
Les données les plus récentes de Statistique Canada indiquent que les entreprises ont produit des livraisons manufacturières d'une valeur de 784,5 millions de dollars (en grande partie de vin de raisin, ci-après appelé vin, et aussi de cidre, de limonade alcoolisée, de vins fabriqués à partir d'autres fruits et d'autres produits semblables) et employaient directement 2 766 personnes en 2006. Consulter la page de statistiques à la fin de ce profil de l'industrie pour obtenir plus de détails.
Dans le secteur des boissons alcoolisées, le vin arrive en deuxième place sur le plan de la valeur économique de la production; après les produits de brasserie, les vins de table constituent le segment le plus grand du marché, de justesse sur les produits distillés.
Selon Statistique Canada, la production de raisins vinifera aux fins de transformation, dont près de la totalité serait utilisée par les établissements vinicoles, correspondait à 61 000 tonnes métriques en 2007.
L'approvisionnement en raisins vitis vinifera produits au Canada a augmenté de façon régulière au cours de la dernière décennie. Les vins produits à partir de vignes vitis vinifiera importées proviennent principalement de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.
Les établissements vinicoles utilisent aussi des variétés hybrides de raisin, comme le vidal, ce qui ajoute 17 000 tonnes métriques supplémentaires au niveau de production de 2007.
Le foulage au pays représente 78 000 tonnes métriques et la capacité de fabrication de vin à partir de raisins canadiens seulement est estimée à 54,6 millions de litres par an Note de bas de page [Note 1].
Les vins fabriqués au Canada peuvent être divisés en deux catégories. La première catégorie en importance est celle des vins de table à prix faible et moyen qui sont souvent des vins de coupage de sources canadiennes et importées. Ces vins de coupage embouteillés sont souvent appelés Cellared in Canada (élaborés au Canada). La deuxième catégorie est composée de vins de marque de prix moyens à élevés fabriqués à partir de raisins canadiens à 100 % pour lesquels la description du produit, l'appellation (ou l'indication de l'endroit où ils ont été produits) et les renseignements sur le cru sont importants. Ces produits sont surtout, mais pas seulement, des vins portant la marque de l'assurance Vintners Quality Alliance (VQA) et comprennent les vins de glace.
Les vins importés en vrac au Canada, principalement pour en faire des vins de coupage ou pour être embouteillés, représentaient environ 77 millions de litres en 2007. La quantité de contenu canadien dans les vins de coupage varie grandement et, dans certains cas, il peut y avoir peu de contenu canadien.
Figure 2 : Part des livraisons, production propre, 2006

Description - Figure 2
La Figure 2 est un diagramme à secteurs illustrant le partage des livraisons, fabrication propre des trois principaux secteurs de boissons alcoolisées. Les brasseries représentent 73,8 %, les distilleries 12,8 % et les établissements vinicoles 13,5 % du marché des boissons alcoolisées. Les données proviennent de Statistique Canada.
En outre, il y avait plus de 200 millions de litres de vins embouteillés importés en 2007 aux fins de vente directe aux consommateurs au détail ou par des services alimentaires.
La France, l'Australie, l'Italie, le Chili et les États-Unis sont tous de grands fournisseurs de produits importés. Les importations s'élevaient à plus de 1,5 milliards de dollars en 2006, ce qui représente plus de 67 % du marché canadien (voir figure 3). La figure 3 ne représente pas fidèlement la part réelle des vins importés sur le marché canadien puisque les vins de coupage sont considérés par Statistique Canada comme des produits fabriqués au Canada. La figure 4 illustre la comparaison entre les exportations et les importations de vin pour la période 1997 à 2007.
On dénombre plus de 350 exploitations vinicoles si l'on tient compte des producteurs-éleveurs et de la vinification à la ferme. Les organismes dont la fabrication de vin fait partie d'une plus grande exploitation agricole sont appelés caves de vinification d'agriculteurs par Statistique Canada. Les données officielles sur l'industrie vinicole publiées par Statistique Canada (SCIAN 31213) ne tiennent pas compte de ces établissements.
Contrairement à la vinification à la ferme, les producteurs-éleveurs se concentrent uniquement sur la production vinicole et fabriquent du vin à partir de raisins de leur propre vigne. Les producteurs-éleveurs produisent souvent des vins qui sont considérés comme étant haut de gamme au Canada, habituellement à partir de raisins vitis vinifera. Ces établissements emploient habituellement entre 20 et 100 personnes, mais une main-d'œuvre supplémentaire est nécessaire durant la période des vendanges.
Figure 3 : Importations, exportations et livraisons intérieures en 2006

Description - Figure 3
La Figure 3 est un diagramme à barres illustrant les importations, les livraisons au Canada et les exportations de vin en 2006, selon leur valeur. Les importations s'établissaient à 1 526 millions de dollars, les livraisons au Canada s'élevaient à 749,5 millions de dollars et les exportations représentaient 35,1 millions de dollars. Au-dessus des barres représentant les importations et les livraisons au Canada, une légende signale que la valeur totale du marché canadien (c.-à-d. les importations plus les livraisons au Canada) en 2006 était de 2 275,5 millions de dollars. Au-dessus des barres représentant les livraisons au Canada et les exportations, une légende signale que la valeur des livraisons, fabrication propre (soit les livraisons au Canada plus les exportations) en 2006 était de 784,5 millions de dollars. Les données proviennent de Statistique Canada.
En 2006, une des plus grandes compagnies de production de vin du Canada a été achetée par une entreprise internationale dont le siège social est aux États-Unis, mais continue d'être exploitée comme une filiale canadienne. La majeure partie de l'industrie appartient à des Canadiens qui en assurent la gestion. Les plus grandes entreprises détiennent des intérêts de production de vin dans deux provinces ou plus, dont des investissements dans un certain nombre d'établissements de production-élevage et de coupage de vins qui produisent et embouteillent du vin de contenu importé et canadien.
L'industrie vinicole du Canada se trouve en plus grande partie en Ontario, en Colombie-Britannique et, dans une moindre beaucoup mesure, au Québec et dans les Maritimes (principalement en Nouvelle-Écosse). La majorité de production canadienne survient dans la région Niagara d'Ontario.
Puisque l'industrie vinicole en Ontario et en Colombie-Britannique est étroitement liée au secteur de la viticulture, les politiques agricoles provinciales ont des répercussions directes sur celle-ci. Chaque année, les marchands de vins de l'Ontario, représentés par leur association de producteurs, négocient avec les viticulteurs pour établir le prix du raisin. En Colombie-Britannique, le marché du raisin n'est pas réglementé; donc les viticulteurs et les établissements vinicoles contractent l'un avec l'autre en privé.
Au Québec, le secteur vinicole repose essentiellement sur des activités à valeur ajoutée comme l'embouteillage et les vins de coupage importés en vrac. Un certain nombre de producteurs et de producteurs-éleveurs se trouvent dans le sud-ouest de la province. Ces petits établissements vinicoles consacrent habituellement pas plus que 10 hectares à la vigne.
Dans les Maritimes, la Nouvelle-Écosse est de loin le plus important producteur vinicole de la région (bien que la production soit toujours relativement très petite) et de nouvelles exploitations continuent de s'ajouter, mais il existe aussi quelques petites exploitations artisanales au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard.
Les vins de fruits et les cidres sont fabriqués partout au pays, habituellement dans des régions où le climat est plus doux. Les vins de fruits sont faits à partir de sources diverses dont les fraises, les framboises, les pêches, les poires, les pommes et la rhubarbe. La plupart des exploitations fabriquant des vins de fruits sont de petites entreprises familiales qui s'approvisionnent localement en fruits.
L'industrie du cidre de pomme est une industrie en pleine évolution et de croissance au Canada. La production se concentre dans les régions pomicoles de la Colombie-Britannique, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du comté Prince Edward en Ontario. Le cidre de glace nouvellement mis au point est fabriqué à partir de pommes gelées grâce à un processus de fabrication semblable à celui du vin de glace et constitue un produit de première qualité pour l'industrie du cidre de pomme.
3. Rendement
Marché national
Le marché national constitue le plus important débouché pour les vins canadiens. La consommation annuelle par habitant a augmenté entre 2000 et 2007, passant de 11,3 à 14,6 litres ce qui laisse supposer une consommation totale sur le marché intérieur d'environ 470 millions de litres en 2007. Selon Statistique Canada, la croissance de la consommation de vin au Canada au cours des dernières années a dépassé celle de la bière et des spiritueux. La consommation par habitant est cependant toujours faible comparée à d'autres grands pays producteurs de vin comme la France et l'Italie, où la consommation par habitant est plus de quatre fois supérieure à celle du Canada.
La part du marché national détenue par les importations a augmenté, passant de 60,8 % en 1996 à environ 67,1 % en 2006. De 1997 à 2007, Statistique Canada indique que les ventes de volume de vins importés ont augmenté à un taux de croissance annuel moyen de 5,4 % comparativement à seulement 4,2 % pour les vins canadiens.
Les ventes de vins importés ont grimpé de 630 millions de dollars en 1997 à 1,7 milliard de dollars en 2007. (Voir figure 4 qui inclus aussi les importations et exportations d'autres produits comme le cidre, le vin de fruit et les vins panachés.) En 2007, de ces importations, la France représentait 26,2 %, suivie par l'Italie (18,8 %), l'Australie (18,4 %), et les États-Unis (13,6 %).
La qualité des vins canadiens s'est grandement améliorée au fil des ans et ceux-ci se méritent des prix dans des concours internationaux renommés. Cette amélioration a été rendue possible grâce à la culture de nouveaux raisins vitis vinifera de qualité supérieure, notamment le Chardonnay, le Riesling, le Merlot et le Pinot Noir. Le fait que les consommateurs soient mieux informés et qu'ils apprécient de plus en plus ces améliorations peuvent aider l'industrie à récupérer une part du marché intérieur malgré une plus grande concurrence internationale.
Le passage à grande échelle aux nouvelles variétés de raisins vitis vinifera a marqué le début d'une ère concurrentielle qui s'est amorcée à la suite de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et les États-Unis conclu en 1989. Cet accord a incité les viticulteurs à remplacer les vignes moins souhaitables comme les variétés Labrusca et Hybrides françaises, qui avaient jusque là constitué l'assise de la production. Ces variétés ne convenaient pas à la production de vins de plus grande qualité que demandaient de plus en plus les consommateurs canadiens et les principaux marchés vinicoles mondiaux.
Figure 4 : Exportations et importations de vin, de 1997 à 2007

Description - Figure 4
La Figure 4 est un graphique linéaire illustrant la valeur des exportations et des importations de vin entre 1997 et 2007. De 1997 à 2007, la croissance des importations a été soutenue, passant de 630,3 millions de dollars à 1 669 millions de dollars. En 1997, les exportations s'établissaient à 12,7 millions de dollars et ont atteint un sommet de 103 millions de dollars en 2002. Par la suite, les exportations ont reculé chaque année pour chuter à 25 millions de dollars en 2007. Les données proviennent de Statistique Canada.
L'industrie vinicole a répondu aux défis de la libéralisation du commerce en mettant l'accent sur les vins de qualité supérieure et en lançant de nouveaux produits comme les vins de glace pour lesquels le Canada est renommé mondialement. En même temps, les exploitations vinicoles mettaient en marché de nouveaux produits de raisin et de vin de grande qualité pour s'adapter aux goûts des consommateurs en pleine évolution.
Un élément clé de la nouvelle industrie vinicole canadienne a été la création de la VQA. La VQA est une norme à prime de vin lancée en Ontario en 1988 et en Colombie-Britannique en 1990 sous forme de système d'appellation d'origine permettant aux consommateurs de reconnaître la qualité supérieure des vins en se fondant sur l'origine des raisins ayant servi à leur production. L'attestation VQA est devenue un outil de mise en marché important, car elle constitue pour les consommateurs nationaux et étrangers une assurance de méthodes de production réglementées et de qualité et l'intégrité d'étiquettes.
Au cours des dix dernières années, les ventes de vins attestés VQA en Ontario ont plus que triplé, passant de 2,5 millions de litres au cours de l'exercice 1996-1997 à 9,9 millions de litres, soit près de 2 milliards de dollars de ventes au détail, pendant l'exercice 2006-2007. Note de bas de page [Note 2]
L'Ontario compte actuellement quatre appellations régionales et dix sous-appellations pour les régions de l'escarpement du Niagara et de Niagara-on-the-Lake, qui sont protégés comme Indications géographiques. En septembre 2008, le comté Prince Edward, une région de l'Ontario qui connaît une croissance rapide de la production de vin, est devenue la plus récente appellation régionale de la province. La Colombie-Britannique compte cinq appellations régionalesé et a récemment développé des sous-appellations. Cette identification à des descriptions géographiques plus précises traduit le raffinement de l'industrie vinicole canadienne et est conforme au concept de terroir.
Le Canada est un producteur de vin de glace reconnu mondialement. Bien que d'autres pays, comme l'Autriche et l'Allemagne, fabriquent aussi ce produit de première qualité, le vin de glace canadien est de haute qualité et de façon constante. Ce vin, fabriqué à partir de raisins gelés sur la vigne a remporté les honneurs lors des foires du vin les plus prestigieuses à l'échelle mondiale, notamment Vinexpo et VinItaly.
La production canadienne de vin de glace est estimée à 340 000 litres annuellement. La quantité peut varier d'année en année selon les conditions météorologiques et les récoltes aux raisins. Les exportations de vin de glace ont atteint une valeur de 11,6 millions de dollars en 2007 (176 000 litres), principalement à destination de l'Asie du Sud-Est et des États Unis.
Les deux principales régions vinicoles du Canada, soit la région de la péninsule du Niagara, en Ontario, et celle de l'Okanagan, en Colombie-Britannique, ont réussi à cultiver le lien entre la viticulture et le tourisme, ce qui a entraîné des retombées économiques positives sur ces régions. Les visites d'exploitations vinicoles ont également aidé le public à apprécier davantage le raffinement croissant des établissements canadiens ainsi que le rehaussement de la qualité de leurs vins. L'industrie s'attend que le tourisme vinicole et culinaire croisse de 50 % en Ontario et en Colombie-Britannique entre 2005 et 2015. Le Québec et la Nouvelle-Écosse ont aussi connu du succès avec leurs festivals de la vigne et du vin et en le developpement des routes de tourisme vinicoles.
Marché d'exportation
En raison de la petite superficie sous vignobles au Canada, la capacité de production destinée à l'exportation est limitée comparativement aux plus grands producteurs de vin à l'échelle internationale, mais les exportations sont néanmoins importantes pour les producteurs canadiens. Les États-Unis et l'Asie constituent les principaux marchés d'exportation.
Les exportations de vin, de cidre et de produits connexes, en tant que pourcentage de la production intérieure, ont beaucoup fluctué au cours de la dernière décennie, passant d'environ 3,1 % de la production intérieure en 1997 à un sommet de 14,8 % en 2002 pour ensuite chuter à 4,5 % en 2006. Les exportations réelles de vin étaient inférieures à 2,5 % de la production en 2006. En dollars, les exportations ont aussi crû considérablement au cours de la dernière décennie avant de diminuer en 2003.
En 2007, les exportations de vins, de vins de coupage, de brandy et de cidre faits à partir de raisins et de fruits représentaient 25,1 millions de dollars. Les États-Unis étaient le plus important marché de cette industrie. (Voir figures 4 et 5).
Figure 5 : Exportations de vin et d'autres produits dérivés aux États Unis, 1997 2007

Description - Figure 5
La Figure 5 est un graphique linéaire qui compare la valeur des exportations de vin de raisin et d'autres produits connexes (c.-à-d. le cidre, le vin de fruits, le poiré, l'hydromel, la limonade alcoolisée et autres produits semblables) vers les États-Unis, de 1997 à 2007. Les exportations de vin de raisin aux États-Unis en 1997 s'élevaient à 1 million de dollars et ont crû de façon soutenue chaque année pour s'établir à 10,8 millions de dollars en 2005. Les exportations ont reculé en 2007 et ont atteint une valeur de 7,9 millions de dollars. Les exportations d'autres produits liés au vin (comme le cidre, le vin de fruits, le poiré, l'hydromel et la limonade alcoolisée) vers les États-Unis étaient de 2,5 millions de dollars en 1997 et ont rapidement augmenté jusqu'à atteindre un sommet de 104 millions de dollars en 2002. Au cours des deux années suivantes, les exportations de ces produits ont grandement diminué pour s'établir à 26,4 millions de dollars en 2004. En 2005, les exportations se sont légèrement rétablies pour grimper à 31,4 millions de dollars, avant de s'affaisser en 2007 à 4,3 millions de dollars. Les données proviennent de Statistique Canada.
En 1997, les exportations s'élevaient à un peu moins de 13 millions de dollars; en 2002, elles avaient augmenté pour s'établir à 103 millions de dollars, pour ensuite redescendre rapidement à 25,1 millions de dollars en 2007. On croit que l'augmentation en 2002 était redevable à une croissance rapide mais éphémère des exportations de limonade alcoolisée aux États-Unis et le recul subséquent a été causé par le mauvais temps (particulièrement en Ontario) en 2003 et en 2005 qui a gravement réduit l'approvisionnement en raisin de cuve. Les variétés de vigne vitis labrusca, plus rustiques, ont résisté au climat défavorable tandis que les vignes vitis vinifera ont été grandement endommagées et certains viticulteurs ont perdu leur récolte.
Les exportations ont aussi diminué, plus particulièrement dans les marchés outre-mer, en raison de l'intensification de la concurrence mondiale, de la faiblesse de l'offre canadienne, et la valeur fluctuant du dollar canadien. Les exportations aux États-Unis représentaient 48,2 % des exportations de vin en 2007 et ont atteint une valeur de 12,1 millions de dollars (voire figure 5).
Bien que la tendance des exportations de raisin et de vin ait été à la hausse, celle-ci s'est affaissée en 2003 et ne s'est que peu rétablie. Les excellentes saisons de culture de 2006 et 2007 devraient aider les exportations à se relever à mesure que les nouveaux produits de la vigne arriveront sur le marché.
L'Asie du Sud-Est affiche un excellent marché potentiel pour les vins de glace, mais la taille modeste de la production canadienne limite la capacité de l'industrie à tirer profit au maximum de ce potentiel. Aussi, les ventes canadiennes ont été négativement affectées par la prolifération de vins de glace frauduleux et faussement étiqueté, vendu en Asie aux prix beaucoup plus bas; ces vins sont vendus à côté du vin de glace canadien vrai, plus cher.
Malgré sa renommée et sa popularité aux concours de dégustation de vin tenus en Europe, le vin de glace du Canada a été auparavant interdit par l'Union européenne (UE), car il ne respecte pas leur réglementation concernant la teneur résiduelle en sucre. En 2001, le vin de glace canadien s'est vu exempté du règlement de l'UE concernant la teneur résiduelle en sucre, et la vente est maintenant autorisée dans ce marché. En outre, l'Union européenne accepte tous les vins canadiens qui répondent aux normes de fabrication des vins de l'UE. L'Ontario et la Colombie-Britannique sont responsables de la certification des vins de table et des vins de glace en vue de leur exportation vers l'UE. Toutefois, les exportations vers l'UE sont minimes en raison des limites d'approvisionnement et la visibilité basse de vins canadiens.
Rentabilité
Les renseignements sur les bénéfices dans ce secteur ne sont pas disponibles. Toutefois, on croit que les bénéfices bruts dans le secteur des boissons sont assez bons, en particulier dans le cas ou la force des marques et la réputation des produits sont déjà bien établies auprès des consommateurs.
Les coûts de production sont toujours un facteur important à prendre en compte à l'industrie vinicole étant donné que le prix des raisins et le prix à la hausse des propriétés foncières dans les principales zones de production vinicoles font augmenter continuellement les coûts.
La productivité, mesurée par la valeur ajoutée par travailleur, a augmenté de 290 000 $ en 1996 à 390 000 $ en 2006, soit une amélioration de 34,5 %. L'augmentation de la production de vins VQA de plus grande valeur de pair avec une amélioration de la technologie dans les établissements vinicoles depuis 1996 sont susceptibles d'être les facteurs de cette amélioration de la productivité.
Emploi
L'industrie connaît de l'expansion en raison de la croissance du marché intérieur améliorée. L'emploi direct est en hausse car il a passé de 1 249 employés en 1996 à 2 766 employés en 2006 (figure 6). Il faut aussi tenir compte du caractère saisonnier des emplois dans ce secteur en engageant du personnel supplémentaire pendant les vendanges d'automne ainsi que pour les vendanges du vin de glace au milieu hiver.
Figure 6 : Total des livraisons des entreprises de production propre et emploi en 1996-2006

Description - Figure 6
La Figure 6 est un graphique linéaire qui illustre le nombre d'employés et la valeur des livraisons de propre fabrication entre 1996 et 2006. En 1996, les livraisons étaient de 373,5 millions de dollars. Ce chiffre a augmenté progressivement jusqu'à 2004, année où les livraisons ont atteint une valeur de 807,8 millions de dollars, mais reculé légèrement pour atteindre une valeur de 784,5 millions de dollars en 2006. En 1996, le nombre d'emplois était 1 249. Entre 2000 et 2003, la croissance a été rapide et le nombre d'emplois s'est fixé à 3 075. En 2004 et 2006, il y a eu un recul à 2 828 et 2 766 emplois respectivement. Les données proviennent de Statistique Canada.
Investissement
Les données de Statistique Canada relatives à l'investissement permettent de constater qu'en moyenne les dépenses en capital dans l'industrie vinicole augmentent d'environ 12,4 % par année. Par exemple, on voit des preuves d'expansion, d'amélioration des installations et d'investissements dans de nouveaux vignobles dans de nombreuses régions comme le comté Prince Edward, en Ontario.
Certaines grandes entreprises internationales de boissons alcoolisées ont acheté d'autres produits, notamment des vins, des vins de fruits, des cidres et des limonades alcoolisées, dont l'importance ne cesse de s'accroître dans le segment des produits à prix modique du marché national. En outre, depuis les dernières années, il y a de plus en plus d'investissement dans la plupart des provinces vinicoles dans des établissements vinicoles et dans ces nouveaux vignobles.
4. Forces et faiblesses
Facteurs structurels
Au Canada, la production de vin est modeste par rapport à la production mondiale, le Canada ne possédant que 8 102 hectares de vignobles en 2007. En comparaison, l'UE compte 3,5 millions d'hectares de vignobles, dont 2,5 millions d'hectares uniquement en France.
Au Canada, les conditions climatiques ne favorisent pas la production à grande échelle étant donné que la viticulture est concentrée dans quelques petites régions seulement, où la saison de croissance est suffisamment longue pour permettre aux raisins de mûrir à point. Ces contraintes climatiques limitent les activités et la compétitivité des coûts liés à la production vinicole. Le climat canadien constitue un risque pouvant entraîner des variations d'une année à l'autre dans la production de raisins, ce qui rend difficile d'approvisionner invariablement les marchés. Afin de lutter contre des conditions météorologiques extrêmes, certains établissements vinicoles en Ontario ont acheté des éoliennes pour empêcher l'air frais de s'arrêter sur leurs vignes. Le Cool Climate Oenology and Viticulture Institute de l'Université Brock de St. Catharines, en Ontario, a réalisé d'importants investissements en R-D et en recherche sur les climats frais, ce qui a aidé l'industrie ontarienne.
Le climat limite la capacité de l'industrie vinicole à augmenter l'approvisionnement sur le marché intérieur et celui des exportations, bien qu'il y a toujours la capacité pour le remplacement des importations; le vin canadien ne représente que 33 % du marché intérieur. Le Canada ne produit assez que pour une petite partie de son marché. En comparaison, d'autres pays, comme les États-Unis, la France, l'Australie et l'Italie, approvisionnent plus de 85 % de leur marché national en produits originaires de leur pays.
Il n'existe que quelques établissements vinicoles comptant 200 employés et plus qui pourraient se classer parmi les moyennes et grandes entreprises selon les normes internationales. Au cours des années 1990, on a assisté à un nombre considérable de regroupements, de fusions et d'acquisitions, ce qui a mené à la formation des deux principaux établissements vinicoles à ce temps, dont les activités se déroulent dans cinq provinces. (En 2006, une des plus grandes compagnies de production de vin du Canada a été achetée par une entreprise internationale dont le siège social est aux Etats-Unis).
Les plus grandes entreprises ont mis en place un peu partout au pays des installations où on procède à l'embouteillage et au coupage de vins, ainsi que des caves de vinification. Dans certains cas, elles mettent également en marché divers produits comme du cidre et du vin panaché.
Les économies d'échelle constituent un facteur essentiel dans le domaine de la production de vins à prix modique, ce qui n'est pas le cas pour la production de produits de qualité supérieure. Le niveau de productivité des entreprises canadiennes est moins élevé que celui de certaines entreprises californiennes ou australiennes de même type quoique beaucoup plus grandes, même si les coûts d'emballage et de la main-d'œuvre sont à peu près équivalents. Les coûts de fabrication assumés par les petits établissements vinicoles, qui produisent de petites quantités de vin de qualité supérieure au Canada et aux États-Unis, sont plus susceptibles d'être comparables.
Les cidres de pomme alcoolisés ont plus de potentiel sur le plan du climat et de la matière brute. Toutefois, ce secteur est de petite taille et les entreprises de fabrication du cidre n'ont pas le capital pour la promotion et la mise en marché pour pénétrer les marchés d'autres boissons alcoolisées. Néanmoins, ce secteur a raffiné sa gamme de produits, son approche de l'emballage et l'image générale de ses produits.
Facteurs liés au commerce
Avec un déjà grand déséquilibre commercial, l'industrie vinicole canadienne doit maintenant faire face à une concurrence plus vive que jamais provenant des produits importés. Depuis la mise en œuvre de l'Accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et les États-Unis, il n'y pas eu de tarifs douaniers qui s'appliquaient au vin importé des États-Unis depuis plusieurs années.
Vers le milieu des années 2000 et en particulier en 2007, la valeur du dollar américain a baissé de façon marquée par rapport aux autres devises mondiales dont le dollar canadien. Ce recul a fait grimper les prix de tous les produits canadiens, y compris le vin, aux États-Unis. Le tourisme vinicole transfrontalier a aussi nettement diminué en 2007, pour un certain nombre de raisons quoique le nombre de touristes canadiens continue d'augmenter.
La production et la consommation de vin de l'UE sont en baisse depuis le milieu des années 1990, mais les marchés internationaux sont de plus en plus concurrentiels à mesure que les producteurs du « Nouveau Monde »
, comme le Chili, l'Argentine, l'Afrique du Sud et l'Australie augmentent leurs superficies sous vignobles. La qualité de leurs produits est de plus en plus renommée à l'échelle internationale. En outre, ces pays ont des politiques de marketing dynamiques et font la promotion de leurs produits à des prix très concurrentiels.
À l'exception des États-Unis, les exportations de vins canadiens vers les producteurs vinicoles du Nouveau Monde ont été très limitées, car bon nombre de ces pays possèdent des avantages concurrentiels, notamment le climat, l'échelle de production et la faible valeur de leur monnaie.
Historiquement, le marché de l'UE est difficile à pénétrer puisque les vins importés doivent se plier aux mêmes méthodes de production que les vins européens. Les vins importés doivent également répondre aux règles strictes en matière d'étiquetage pour que leur vente soit autorisée (voir la section intitulée Marché d'exportation ci dessus). Pourtant, l'Accord entre le Canada et l'Union européenne sur le commerce des vins et des boissons spiritueuses signé en 2003 a amélioré des opportunités commerciales de vin tant pour le Canada que pour l'UE.
Par le passé, les activités d'inscription au catalogue, de distribution et d'établissement des prix des régies provinciales des alcools nuisaient aux pays qui exportaient leurs produits au Canada. Au milieu des années 1980, l'UE avait déposé une plainte officielle contre ces pratiques. En 1987, un groupe spécial du GATT a confirmé le bien-fondé de cette plainte et jugé les pratiques du Canada incompatibles avec ses obligations en matière de commerce international.
On a ensuite conclu avec l'UE un accord bilatéral sur l'accès au marché et on l'a subséquemment étendu à d'autres pays. L'accord prévoit d'accorder le traitement national immédiat pour ce qui est des inscriptions au catalogue et de la distribution, en fournissant l'accès des produits importés aux mêmes conditions que celles qui s'appliquent aux produits provinciaux vendus au sein d'une province (le commerce dans une province).
En vertu de cet accord, il y a eu également un retrait graduel de l'écart de prix entre les vins canadiens et étrangers. Toutefois, les restrictions à la vente de vin dans les dépanneurs et les magasins d'alimentation du Québec, sauf celui embouteillé ou produit dans cette province, continuent de s'appliquer. En Ontario, des magasins spécialisés de vin (exploités par quelques négociants en vin) ne sont autorisés qu'à vendre des vins produits dans la province. En résumé, à la suite de l'intervention de l'UE, les produits importés ne peuvent pas être assujettis à un désavantage sur le plan du marketing par rapport aux produits locaux ou canadiens sur le marché canadien. L'UE continue à surveiller les pratiques au détail des régies des alcools provinciales.
De même, en vertu de l'Accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et les États-Unis, le traitement national était assuré aux vins américains pour ce qui est de l'inscription au catalogue et de la distribution. Cette mesure permettait de s'assurer que les vins américains font l'objet d'un traitement aussi favorable que celui des vins canadiens. Il n'existait pratiquement plus d'écart de prix entre les vins canadiens et américains en 1995.
L'Accord fédéral-provincial sur le commerce intérieur, qui est entré en vigueur en 1996, prévoit une meilleure distribution interprovinciale des boissons alcoolisées. Aux termes de l'accord, chaque province doit assurer, à quelques exceptions près, le traitement national à tous les produits importés des autres provinces. Par exemple, depuis le 31 décembre 1999, l'Ontario a commencé à accorder un accès complet aux produits des autres provinces.
Facteurs liés à la technologie
Certains considèrent la vinification comme une technologie traditionnelle ou pleinement développée. Même si le principe de base, la fermentation, demeure le même, les viticulteurs continuent d'adopter de nouvelles technologies (matériel ou procédés).
De nombreux négociants en vins ont suivi une formation offerte dans des établissements d'enseignement d'Europe et de Californie reconnus en matière de viticulture. Les innovations canadiennes dans le domaine des levures ont conféré des avantages concurrentiels aux négociants en vins locaux.
La tradition veut que le vin se vende en bouteilles scellées par un bouchon de liège. Cette convention est remise en question depuis que certains établissements vinicoles ont adopté des bouchons artificiels et autres en utilisant capsules à vis, même pour les vins à prime. Tout comme certains spiritueux, certains vins sont embouteillés dans du polyéthylène téréphtalate (PET), une bouteille de plastique mou et inerte. D'autres sont vendus dans des emballages Tetra Pak. Ces emballages comportent certains avantages par rapport aux bouteilles de verre. Les bouteilles de plastique et les emballages Tetra Pak sont plus légers, plus faciles à transporter, moins vulnérables aux bris et facilement recyclables. Ces emballages derniers sont restreints aux vins moins chers pour le moment. Avec le temps, les consommateurs commencent à s'adapter à ces nouveaux formats.
En décembre 1996, l'Université Brock, dans le sud de l'Ontario, a mis en place le Cool Climate Oenology and Viticulture Institute en collaboration avec l'industrie locale, les gouvernements fédéral et provincial, ainsi que des établissements d'enseignement de la région. Le but est de se servir de l'Institut pour que l'Université devienne l'un des rares centres en Amérique du Nord à décerner un grade universitaire aux diplômés qui se spécialisent dans des études sur la vigne et l'industrie vinicole. Par ailleurs, cet établissement est renommé mondialement pour sa recherche viticole en climat frais.
Récemment, le Centre d'Innovation et de Recherche de Vineland a été formé pour intégrer les efforts de recherche du Ministère de l'Agriculture et Agro-alimentaire Canada, le Ministère de l'Agriculture, les Aliments et les Affaires Rurales d'Ontario, l'Université de Guelph, l'Université de Brock, le Collège de Niagara, l'Université de McMaster, et les organisations d'industrie.
En 1999, l'Université de Colombie-Britannique a formé le BC Wine Research Centre en collaboration avec le Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique et le BC Wine Institute. Le Centre aide les établissements vinicoles et les viticulteurs en mettant en œuvre des projets de recherche scientifique spécialisée qui profiteront à toute l'industrie.
On procède également à l'établissement de partenariats au sein de l'industrie, y compris des alliances internationales. Depuis un certain nombre d'années, le Canada a attiré des vignerons de partout dans le monde, ce qui apporte de nouvelles compétences et techniques à l'industrie. Les vignerons de renommée internationale sont attirés au Canada à cause de ses raisins originaux et la possibilité de fabriquer des vins originaux de calibre international.
Les préoccupations quant à l'environnement sur le plan des changements climatiques et la disponibilité en eau prennent de l'importance, c'est pourquoi l'industrie vinicole examine de près des facteurs de durabilité afin d'assurer que ses produits sont fabriqués de façon à minimiser les conséquences pour l'environnement. Il s'agit de questions qui prendront de l'ampleur sur les plans de la R-D, de la technologie et de la collaboration.
La Canadian Vintners Association élabore actuellement un programme de salubrité alimentaire fondé sur l'analyse des risques et la maîtrise des points critiques (HACCP) pour l'industrie canadienne du vin. Le système HACCP est reconnu en tant que norme internationale de salubrité des aliments et accepté par les organismes de réglementation, les organisations commerciales et les groupes du commerce de détail.
L'élaboration d'un plan HACCP propre à l'industrie vinicole renforcera la réputation du Canada comme producteur de vins salubres de haute qualité et répondra aux préoccupations qui peuvent compromettre la salubrité, la qualité et l'intégrité du produit ainsi que l'efficacité de la production. L'Australie et la Nouvelle-Zélande font partie des autres pays qui ont établi des programmes HACCP pour l'industrie vinicole. Un certain nombre de vineries aux États-Unis ont aussi la certification HACCP. En outre, il y a de gros détaillants au Royaume Uni qui exigent des vins certifiés HACCP pour la vente dans leurs magasins.
Les vineries sont libres de mettre en place ou non un programme de salubrité alimentaire HACCP (comme c'est le cas de nombreux types d'entreprise de fabrication d'aliments et de boissons ou de production à la ferme). Les établissements vinicoles ne sont pas inspectés par le gouvernement fédéral aux fins de la salubrité alimentaire. Toutefois, la participation du gouvernement à l'élaboration d'un programme HACCP facultatif pour l'industrie peut aider celle-ci à adopter des pratiques exemplaires afin de réduire les risques associés à la production de vin et à assurer la salubrité de ses produits.
Facteurs liés à la réglementation
L'industrie est très réglementée. Les vins, tout comme les autres boissons alcoolisées, doivent être distribués et vendus dans des succursales de régies des alcools dans toutes les provinces, sauf en Alberta (qui a un système privatisé). L'Ontario et la Colombie-Britannique autorisent un certain nombre d'établissements vinicoles à vendre leurs propres produits sur place. Au Québec, la vente dans les épiceries n'est permise que pour les vins embouteillés dans la province.
Le Chapitre 10 sur les boissons alcooliques de l'Accord sur le commerce intérieur a établi un cadre en vue du traitement non discriminatoire des boissons alcooliques, ce qui a permis d'éliminer certains obstacles au commerce et d'empêcher la création de nouveaux obstacles. Les provinces ont dû éliminer la préférence qu'elles accordaient par le passé aux vins locaux par rapport à ceux des autres provinces ou aux importations afin de se conformer aux accords commerciaux, mais elles jouent encore un rôle important au chapitre de la réglementation.
Ce pouvoir des provinces découle d'une loi fédérale, la Loi sur l'importation des boissons enivrantes de 1929. En vertu de cette dernière, l'importation au Canada de toutes les boissons alcoolisées doit être effectuée par l'entremise d'une régie des alcools provinciale située dans chaque province et territoire du Canada (Annexe A). Les gouvernements provinciaux et territoriaux sont également responsables de la réglementation et du contrôle du commerce de l'alcool dans leur juridiction. Les régies provinciales perçoivent les taxes fédérales et provinciales sur les produits alcoolisés, et ajoutent ensuite leur propre majoration de prix avant de vendre le produit.
L'Agence canadienne d'inspection des aliments et les régies des alcools provinciales veillent conjointement à ce que les boissons alcoolisées, notamment les vins, soient conformes aux normes canadiennes en vertu de la Loi sur les aliments et drogues avant qu'ils soient approuvés à la vente au Canada (teneur en alcool, toxines, etc.). En outre, les boissons alcoolisées nationales et importées doivent être conformes aux exigences de la Loi sur les aliments et drogues et de la Loi sur l'emballage et l'étiquetage des produits de consommation relativement à la composition et à l'étiquetage, à la quantité nette et aux formats normalisés pour les contenants.
Le système de taxes d'accise qui s'applique aux boissons alcoolisées actuellement en vigueur au Canada impose des taxes sur les vins canadiens au point d'expédition vers les entrepôts ou les magasins de la régie des alcools provinciale. La taxe d'accise sur les vins importés est calculée au moment où le produit est livré aux entrepôts de douane de la régie des alcools, mais elle ne devient exigible qu'au moment où il est expédié au point de vente au détail.
L'Agence des douanes et du revenu du Canada (qui s'appelle maintenant l'Agence du revenu du Canada), de pair avec le ministère des Finances a examiné la Loi sur l'accise, afin de protéger les revenus fiscaux provenant de la vente d'alcool et d'établir une assiette fiscale équitable et moderne. La nouvelle Loi sur l'accise 2001 est entrée en vigueur le 1er juillet 2003.
Les grands négociants en vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique utilisent de plus en plus les normes de qualité VQA, qui permettent aux consommateurs de reconnaître la qualité supérieure des vins en se fondant sur l'origine des raisins ayant servi à leur production. Les vins qui portent l'appellation et le logo VQA, fabriqués exclusivement à partir de raisins cultivés au Canada, doivent être produits conformément à des normes bien définies et également être approuvés par un comité de dégustation. Les normes VQA provinciales de l'Ontario et de Colombie-Britannique délimite les régions où l'on peut cultiver les raisins et la façon dont le vin doit être fabriqué. Les normes prévoient également les variétés qui peuvent être utilisées dans la fabrication des produits qui portent le sceau VQA. Le système VQA est semblable aux systèmes d'appellation utilisés en Europe, notamment l'appellation d'origine contrôlée (AOC) en France.
VQA Ontario est désigné comme l'autorité de réglementation de cette province en matière de vin, et a mis en place un système de contrôle d'appellations pour les vins de qualité dans la province; celui-ci détermine, définit et établit les normes de qualité qu'un vin devra respecter afin de porter l'appellation VQA. Les normes renferment des exigences quant à l'origine, la fabrication, l'embouteillage et l'étiquetage du vin fabriqué à partir de raisins cultivés à 100 % dans la province.
La Loi sur le contenu et l'étiquetage du vin en vigueur en Ontario (qui a remplacé la Loi sur le contenu du vin) vise à établir des normes minimales sur le contenu et l'étiquetage des vins fabriqués en Ontario. La nouvelle loi, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2001, prévoit une augmentation du contenu national des vins de l'Ontario et une plus grande précision de l'étiquetage des produits destinés aux consommateurs.
La Colombie-Britannique a mis en place de nouvelles normes provinciales relatives au vin et a établi la BC Wine Authority (BCWA) assujettie à la loi provinciale Agri-Food Choice and Quality Act (en anglais seulement). La province a délégué les responsabilités en matière de normes relatives aux vins, y compris l'application des normes de la VQA, à la BC Wine Authority (BCWA). L'implémentation des normes s'est produite en 2008. Par conséquent, le BCWI est maintenant responsable uniquement des efforts du marketing de l'industrie.
La Nova Scotia Wine Standards (NSWS) ont été adoptée par la Winery Association of Nova Scotia à l'été 2005. Ces nouvelles normes ont établi les restrictions quant au contenu et les normes d'étiquetage des vins produits en Nouvelle-Écosse. La NSWS permet à un vin d'utiliser la désignation Nouvelle-Écosse à titre d'indication géographique en autant qu'il réponde à toutes les normes de NSWS et qu'au moins 85 % du contenu du vin provienne de raisins cultivés en Nouvelle-Écosse; le 15 % restant ait été cultivé au Canada.
5. Défis et possibilités pour l'avenir
L'industrie vinicole canadienne est maintenant considérée comme un producteur vinicole en climat frais reconnu à l'échelle internationale; elle s'est vue mériter une liste impressionnante de prix et a reçu des éloges de la part de nombreux critiques de vin renommés internationalement. Le défi consiste maintenant à miser sur cette réputation dont elle jouit à l'échelle internationale afin de regagner sa part du marché intérieur face aux vins importés. La plantation d'un grand nombre de vignes de l'espèce vitis vinifera et l'élaboration des normes provinciales de la VQA constituent une opportunité de récupérer une part du marché intérieur et de stimuler les exportations.
Au début des années 2000, la province de l'Ontario, qui alimente 80 % de la production totale de vin au Canada, a élaboré un plan stratégique s'étalant sur 20 ans pour maintenir le succès de l'industrie à l'avenir. Ce plan comprend un examen des plans d'utilisation des terres (plus particulièrement dans la région du Niagara), une amélioration de la qualité, notamment la croissance de la VQA, et le développement du tourisme lié à l'industrie vinicole.
Au moment où l'industrie s'adapte à des facteurs de marché incontrôlables, tels que l'évolution des styles de vie et de la démographie, elle doit aussi s'attaquer à toute une gamme d'enjeux qui influent sur sa compétitivité générale. Parmi ces enjeux, on compte notamment l'adoption de nouvelles technologies et d'innovations, la promotion de son image de marque sur les marchés national et international, la recherche sur les nouvelles variétés de vigne de climat frais, l'adoption des pratiques respectueuses de l'environnement et durables, l'amélioration de l'efficacité de la production et la sensibilisation de l'industrie alimentaire au Canada et des consommateurs aux mérites des vins canadiens de qualité.
Le vin blanc représente un peu plus de la moitié de tous les vins canadiens consommés au Canada. Par contre, deux tiers des vins importés sont des vins rouges. Cette tendance porte à croire qu'il existe une forte demande pour le vin rouge dont les producteurs canadiens pourraient tirer parti. Toutefois, les limites du sol et du climat empêchent le Canada de produire en grande quantité certaines variétés rouges de hautes qualités, comme le Shiraz.
La consommation de vin au Canada augmente à un rythme plus rapide que celle de la bière et des spiritueux. La production de vin canadien augmente à la suite de nouveaux investissements et de la plantation de nouvelles vignes. L'augmentation de la superficie de vignes permettra à l'industrie d'augmenter sa production de vins de grande qualité. Cependant, il est important de noter que le volume d'importation augmente rapidement aussi.
La concurrence est féroce au sein de l'industrie vinicole mondiale. Partout dans le monde, on continue de planter des vignobles à un rythme effréné. Étant donné que l'industrie est axée sur des produits de qualité supérieure, on a constaté un grand nombre de nouvelles plantations au cours de quelques dernières années dans les régions vinicoles du Nouveau Monde. À la fin des années 1990, les grands pays exportateurs du Nouveau Monde, soit l'Australie, le Chili et les États-Unis, ont augmenté leurs ventes totales à l'exportation à l'échelle internationale, y compris au Canada.
Parce que ces trois pays ont procédé à la plantation d'un grand nombre de vignes de variétés classiques, les perspectives à moyen et à long terme sur les marchés internationaux leur semblent très favorables, et on peut s'attendre à ce qu'ils intensifient leur concurrence sur le marché canadien, tout comme les producteurs vinicoles du Nouveau Monde, tels que l'Afrique du Sud et l'Argentine. Ces plantations ont provoqué une offre excédentaire dans le monde, en particulier en Europe de l'Ouest qui a perdu des parts de marché au profit des vins du Nouveau Monde.
L'industrie vinicole canadienne doit également faire face à une concurrence accrue des centres de vinification par le client (U-Vint). Il s'agit de détaillants qui fournissent aux consommateurs les ingrédients, le matériel et les installations nécessaires à la production de leur propre vin. Des centres U-Vint ont un avantage qu'ils ne sont pas soumisés à la taxe d'accise.
Diverses études ont été menées à l'échelle mondiale afin de déterminer si la consommation modérée de vin pouvait entraîner des effets bénéfiques sur la santé. Certaines de ces études laissent entrevoir des résultats très positifs. La plus importante est celle traitant du paradoxe français, qui fait état du faible nombre de maladies cardiaques en France, malgré la présence de facteurs de risques semblables à ceux que l'on trouve aux États-Unis. On croit que ces bienfaits sur la santé proviennent du fait que les Français boivent plus de vin rouge. Le paradoxe français s'est attiré la faveur de la presse à travers le monde au début des années 1990 et a, par la suite, provoqué une hausse de la consommation de vin rouge. Si de telles allusions continuent de gagner la faveur du public, il pourrait s'ensuivre une hausse de la consommation de vin dans la population en général.
Associations
Association des vignerons du Canada
Bureau 200, 440, avenue Laurier ouest,
Ottawa (Ontario) K1R 7X6
Tél. : 613-782-2283
Téléc. : 613-782-2239
Courriel : info@canadianvintners.com
British Columbia Wine Institute (BCWI) (en anglais seulement)
Bureau 107,1726, avenue Dolphin
Kelowna (Colombie-Britannique) V1Y 9R9
Tél.. : 250-762-9744
Téléc. : 250-762-9788
1-800-661-2294
Courriel : info@winebc.bc.ca
British Columbia Wine Authority (BCWA)
Bureau 130, 10691 Shellbridge Way,
Richmond (Colombie-Britannique) V6X 2W8
Tél.. : 604-248-0379
Téléc. : 604-270-3644
Wine Council of Ontario & Vintners Quality Alliance of Canada (en anglais seulement)
Bureau B205, 5110 Hannover Drive,
St. Catharines (Ontario) L2W 1A4
Tél.. : 905-684-8070 ext.221
Téléc. : 905-684-2993
Courriel : info@winesofontario.ca
Vintners Quality Alliance Ontario (en anglais seulement)
Bureau 1601,1, rue Yonge,
Toronto (Ontario) M5E 1E5
Tél.. : 416-367-2002
Téléc. : 416-367-4044
Courriel : info@vqaontario.ca
Association des vignerons du Québec
Bureau 605, 10100, avenue du Bois-de-Boulogne
Montréal (Québec) H4N 1K7
Courriel : info@vignerons-du-quebec.com
Winery Association of Nova Scotia (en anglais seulement)
Bureau 14, 36 Brookshire Court,
Bedford (Nouvelle-Écosse) B4A 4E9
Tél.. : 902-492-9291 Ext. 111
Téléc. : 902-492-9291
Courriel : marketing@winesofnovascotia.ca
Personnes-Ressources du gouvernement fédéral
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Carmen Porter
Direction du Développement et analyse du secteur
Agriculture et Agroalimentaire Canada
1341, chemin Baseline, Tour 5
Ottawa (Ontario) K1A 0C5
Tél.. : 613-773-2596
Téléc. : 613-773-0200
Courriel : carmen.porter@agr.gc.ca
Affaires étrangères et Commerce international Canada
Janet Dorozynski
Déléguée commerciale, Vins, spiritueux et bières canadiens
Direction générale des occasions d'affaires mondiales
Affaires étrangères et Commerce international Canada
Tél. : 613-944-0181
Téléc. : 613-943-8820
Courriel : janet.dorozynski@international.gc.ca
Régies provinciales des alcools
Société des alcools du Yukon
9031, rue Quartz
Whitehorse (Yukon) Y1A 4P9
Tél.: 867-667-5245
Téléc. : 867-393-6306
Courriel : yukon.liquor@gov.yk.ca
Northwest Territories Liquor Commission
Bureau 201,31 Capital Drive
Hay River (Territoires du Nord-Ouest) X0E 1G2
Tél. : 867-874-2100
Nunavut Liquor Licensing Board
C. P. 1000, Succ. 350
Iqaluit (Nunavut) X0A 0H0
Tél. : 867-979-5918
Téléc. : 867-979-5836
British Columbia Liquor Distribution Branch (en anglais seulement)
Ministère de la Petite entreprise, du Tourisme et de la Culture
2625, rue rupert
Vancouver (Colombie-Britannique) V5M 3T5
Tél. : 604-252-3000
Téléc. : 604-252-3044
Courriel : communications@bcliquorstores.com
Alberta Gaming and Liquor Commission (en anglais seulement)
50, avenue Corriveau
St. Albert (Alberta) T8N 3T5
Tél. : 780-447-8600
Téléc. : 780-447-8914
Saskatchewan Liquor and Gaming Authority (en anglais seulement)
2500, avenue Victoria, C. P. 5054
Regina (Saskatchewan) S4P 3M3
Tél.: 306-787-4213
Société des alcools du Manitoba (en anglais seulement)
1555, Place Buffalo
Winnipeg (Manitoba) R3C 2X1
Tél. : 204-474-5514
Courriel : info@mlcc.mb.ca
Régie des alcools de l'Ontario
Demandes de renseignements généraux
55, boul. Lake Shore Est
Toronto (Ontario) M5E 1A4
Tél.: 416-365-5900
Courriel : infoline@lcbo.com
Société des alcools du Québec (SAQ)
905, avenue De Lorimier
Montréal, Québec H2K 3V9
Tél. : 514-873-6065
Courriel : info@saq.com
Société des alcools du Nouveau-Brunswick
170, chemin Wilsey, C. P. 20787
Fredericton (Nouveau-Brunswick) E3B 5B8
Tél. : 506-452-6510
Téléc. : 506-462-2024
Nova Scotia Liquor Corporation (NSLC) (en anglais seulement)
93 Chain Lake Drive
Halifax (Nouvelle-Écosse) B3S 1A3
Tél.: 902-450-5802
PEI Liquor Control Commission (en anglais seulement)
3, rue Garfield, C. P. 967
Charlottetown (Île du Prince Édouard) C1A 7M4
Tél.: 902-368-5710
Newfoundland Liquor Corporation (en anglais seulement)
90, rue Kenmount, C. P. 8750, succ. A
St. John's (Terre-Neuve) A1B 3V1
Tél.: 709-724-1100
Téléc.. : 709-754-0321
Courriel : infor@nlliquor.com
Notes de bas de page
- Note de bas de page 1
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En supposant un rendement de 700 litres de vin par tonne métrique de raisins, la production maximale possible de vin à partir de raisins canadiens à 100 % serait de 54,6 millions de litres. L'industrie ontarienne a un rendement de 700 litres par tonne. Toutefois, une partie de cette production est constituée de vins de coupage, ce qui rend difficile de savoir avec certitude la quantité de ce vin produit et vendu au pays comme vin d'origine canadienne à 100 %.
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VQA Ontario
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